S, le Savoir





lettre-s-de-serpent.jpgPour présenter cette lettre une histoire de phobie médicale peut mettre en évidence l'importance d'une lettre dans la construction psychologique d'un individu.


Entendre le mot et la lettre interdits


L’une des facultés de notre cerveau est sa double mémoire, consciente et inconsciente. L’histoire suivante illustre combien une représentation, un mot, une lettre, attachés à un événement de l’enfance, vécu avec frayeur l’espace de quelques minutes, sont capables de perturber une vie entière.
Une histoire banale, il y a 60 ans, une fillette se promène dans son village, quand un camarade se précipite, un serpent vivant à la main, et brandit la bestiole frétillante à quelques centimètres de son visage. Elle pousse un cri strident et s’enfuit, le garçon la poursuivant sur 500 mètres.
Cette agression stupide est restée à jamais gravée dans la mémoire de cette femme, se généralisant au fil des ans et de sa peur, jamais affrontée, à toute la gente rampante, même aux lézards, petits reptiles pourtant inoffensifs. Ainsi à la peur initiale succéda une phobie redoutable pour les reptiles.
Le plus étonnant est la généralisation phobique au mot serpent lui-même, puis à l’ensemble des mots du même champ sémantique, tel reptile, vipère, couleuvre, python, boa, crotale et autres variétés rampantes.
Cette propagation phobique est devenue aussi phonétique et par exemple à l’âge de 50 ans, quand sa mère lui offre une plante d’appartement, qu’elle lui annonce s’appeler croton, elle la jette avec effroi par la fenêtre du 3ème étage !
« Je vous préviens, docteur, si jamais je rencontre un jour un lézard en venant chez vous, je ne reviendrai jamais », m’a t-elle répété souvent. Elle disait lézard, car elle ne pouvait plus employer le mot serpent que sa phobie avait rayé définitivement de son vocabulaire. Je ne sais pas si la sinuosité de ses deux sourcils évoquait pour elle quelque image serpentante, toujours est-il qu’elle les a rasés pour les remplacer d’un trait noir assez rectiligne qu’elle doit se dessiner chaque matin devant son miroir.
Elle a réservé un sort presque similaire à ses cheveux, taillés très courts pour éviter sûrement le dessin en S d’une éventuelle boucle. Est-ce le symbole phallique qu’il représente ou la lettre S de Sexe, toujours est-il que cette femme est restée vieille fille et vierge !

 

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Sa phobie a aussi gagné et envahi les neurones des aires cérébrales de l’écriture, l’empêchant d’écrire un S majuscule, évocateur du Serpent. Cette généralisation révèle l’extraordinaire pouvoir des mots et même des lettres sur nous, êtres humains, des mots, représentations mentales des éléments de l’environnement, remplaçant par conditionnement les référents réels.

Chez l’homme la peur du serpent ou celle de l’araignée sont des peurs ancestrales, inscrites dans la mémoire génétique des primates. Les peurs du tonnerre, du noir, du loup, de la souris ou du rat sont des vestiges de peurs primitives, gravées dans notre mémoire collective, et toujours
omniprésentes.


Entendre le langage des mythes


Le serpent, “Prince du contre sens” chezPaul Valéry, est un animal hautement symbolique à l’interprétation ambiguë et contradictoire. Il incarne par essence, un couple d’opposés aux dimensions cosmiques : jour/nuit, bien/mal, vie/mort, masculin/féminin.


Dans la mythologie grecque, pour s’installer à Delphes, Apollon doit d’abord tuer le serpent Python, qui régnait sur les Oracles que prodiguait la Terre-Mère. La Pythie, par son nom même, n’est-elle pas la prêtresse serpente ? Pourquoi le mythe accorde au Serpent un Savoir divin ?
Cassandre et son frère jumeau Hélénos deviennent des devins par la salive des serpents et le voyant Mélampos, le Pied Noir, est capable de comprendre la Langue des Oiseaux.Tirésias, le plus grand voyant de la Grèce, à la vue de serpents en train de s’accoupler, devient aveugle au monde
physique et acquiert le don de double vue, tandis qu’il est transformé pour un temps en une femme, devenant psychiquement androgyne.
Faut-il vraiment prendre les mythes grecs comme des fables sans intérêt, alors que les plus grands artistes, peintres, musiciens, auteurs dramatiques s’en sont largement inspirés dans leurs oeuvres ?
Dans la Bible, le Serpent incarne Satan au Paradis terrestre, un serpent enroulé autour de l’Arbre de la Connaissance, un principe séducteur de la femme, Eve qui incite Adam à croquer le fruit défendu, péché originel qui les fait chasser par Dieu et condamner au tourment. Ce lien du serpent à l’Eve primitive explique dans le renversement de Eva en Ave la rédemption de la faute d’Eve par la Mère du Christ, venu racheter le péché originel et assurer le salut de l’humanité ; c’est pourquoi Marie est traditionnellement représentée écrasant la tête d’un serpent.
« Le serpent est un animal à sang froid, dépouillé », écrit Jung. « Il est à la fois mortel et guérisseur, symbole du bon et du mauvais démon, du diable et du Christ. Les Gnostiques faisaient de lui le représentant du bulbe cérébral et de la moelle épinière, ce qui évoque sa psyché pour l’essentiel réflexive. Il est un excellent symbole de l’inconscient dont il exprime la présence soudaine et inattendue, l’intervention pénible ou dangereuse et l’influence génératrice d’angoisse.» Dans les expressions du langage courant, le serpent joue un rôle négatif marqué par toute la tradition chrétienne : «être rusé comme un serpent, c’est un vrai serpent, avoir un coeur de serpent » ou «une langue de vipère».
L’évolution historique des mythes a transformé le symbole du serpent d’une nature féminine et vulvaire bénéfique en une nature masculine et phallique maligne. Il change, mue sans cesse, est proprement diabolique, (diabolein = séparer en grec) séparant les fonctions psychiques maternelles et paternelles. Cette ambivalence symbolique ne se matérialise telle pas dans sa langue bifide ? Le serpent rampe à la surface de la terre, enveloppe ses proies de ses anneaux constricteurs et, depuis la nuit des temps, son Symbole semble lié, dans l’inconscient collectif humain, à un Savoir Séparateur entre les Sexes, et plus précisément ceux de leurs hémisphères cérébraux ! Pourquoi ? Les mythes sont toujours vivants et forment un Patrimoine Sacré considérable. Mais la science aujourd’hui s’impose comme le seul cadre de référence et élimine à tort le langage des mythes de notre vie, comme le souligne Annick de Souzenelle dans Le symbolisme du corps humain.


Jung s’était déjà alarmé : « l’Occident a perdu ses mythes»


La Trinité de Sens de la Lettre S


Véritable hiéroglyphe d'un serpent, la lettre S en possède les caractéristiques avec le faux Savoir du Serpent de la Genèse, la capacité à envelopper ses propies et à ramper à la surface avec des ondulations sinueuses.

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S = Savoir   s = enveloppe  s = surface

 

S = Savoir

Science Savant  Sage Saint Signe Symbole Synthèse Sens Sémantique Sémiologie ...






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Date de dernière mise à jour : 14/06/2013

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