LA LANGUE DE L'INCONSCIENT à paraitre

PREAMBULE

 

                                                                                                                      Curieux !

 

« La science restera toujours la satisfaction du plus haut désir de notre nature, la curiosité ; elle fournira à l'homme le seul moyen qu'il ait pour améliorer son sort ».                                                  Ernest Renan 

 

 

Un livre... des livres. Celui là est le septième d'une série qui traite du même sujet, une série initiée en 1995 avec quatre premiers ouvrages évolutifs parus sous le même titre ''Maux à mots'', un langage dans le langage élucidé, puis prolongée en 2000 puis 2006 sous le titre ''Entendre les mots qui disent les maux'' aux Éditions du Dauphin. C'est l'aboutissement d'une investigation longue et acharnée, d'une exploration méticuleuse des profondeurs du langage humain en y entrant non par la porte officielle de la Linguistique à la Faculté des Lettres, mais par une porte dérobée presque par effraction. En effet ce n'est pas avec la tête dans les nuages d'un théoricien de la langue que je suis parvenu à y pénétrer, mais avec les pieds dans la boue des maux du corps des hommes qui leur colle aux basques tout au long du chemin de leur vie. Il aura fallu plonger les mains jusqu'aux coudes dans le cambouis de la souffrance des humains qui sollicitent le médecin pour tenter de les en libérer, pour  finalement appréhender l'essence cachée des mots. « Une chose que l'on ne connaît que par les livres, on peut jurer qu'on ne la connaît pas » nous a prévenu Paul Valéry.     

 

    Un livre délivre. La délivrance concerne en premier son auteur, un médecin retraité qui depuis son plus jeune âge a été obsédé par une seule question qui n'est pas le comment...  mais le pourquoi. Cette quête hantait-elle mes nuits de bambin qui ne parvenait pas à s'abandonner dans les bras de Morphée ? Ma mère, lorsqu'on s'étonne de ma soif inassouvie de savoir, rappelle souvent comme anecdote mes mots d'enfant de quatre ans pour expliquer sa difficulté d'endormissement : « ça pense toujours dans ma petite tête » ! Tenter de comprendre le mystère des choses et surtout du vivant fut un tourment qui ne m'a jamais quitté et qui m'a valu d'innombrables nuits blanches. Que de bestioles élevées dans ma chambre dans des boites de fortune : têtards de grenouilles, de tritons et de salamandres, chrysalides de papillons dont j'observais émerveillé les métamorphoses successives de l'état larvaire à l'état adulte, sans savoir à l'époque que ces transformations étaient sous la commande d'un ADN dont la double hélice de gènes n'avait pas encore été découverte par Watson et Crick. « La science ? » s'interroge André Maurois : « Après tout qu'est-elle, sinon une longue et systématique curiosité ». 

 

    Est-ce cette boulimie de compréhension qui fut le moteur inconscient du choix de l'exercice de la Médecine ? Découvrir les secrets du corps humain et tenter de connaître la cause de ses maux, dont le mystère que fut pour moi la tuberculose pulmonaire de mon père et son départ en sanatorium dans les Alpes en 1962, ne sont sans doute pas étrangers à cette orientation professionnelle. Quel médecin à l'époque aurait remis en cause le pourquoi de ces sanatoriums massivement construits au début du XXème siècle pour lutter contre cette peste blanche. Ils ont pourtant disparu car la motivation scientifique de leur création ne reposait que sur un dogme peu rationnel. La découverte d'antibiothérapie efficace fut leur coup de grâce. Le mot ''caverne'' du  poumon de mon père, qui a frappé mon imagination d'enfant, résonne encore dans les profondeurs de ma mémoire où il a gardé  cette image de trou, voire de gouffre où se vidait le souffle paternel. Au cours de ma scolarité secondaire ce mot a suscité un intérêt supplémentaire pour l'allégorie de la caverne de Platon qui illustre en termes imagés les conditions d'accession de l'homme à la connaissance de la réalité et les difficultés de sa transmission. Le feu de notre conscience ne nous fait-il entrevoir que l'ombre de la réalité sensible, une perception orientée par le discours ambiant, celui de notre entourage et de nos enseignants ? Cette vision repose sur une certaine représentation du monde où nous avons tous appris le ''voir-ça'' en particulier lors de la lecture des mots alors que ces outils de représentation, par une sorte de miracle, sont capables de nous faire accéder à un autre Savoir, celui de la Vérité.  Socrate nous prévient dans le Phédon, ce monde sensible est la prison de nos âmes qui ne peuvent s'en libérer que par le chemin de la réflexion, un parcours initiatique qui seul peut nous élever vers une plus grande intelligibilité du monde et du sens de notre vie. 

 

L'écoute, chemin du Sens

 

     C'est en oubliant parfois ce savoir, professé par les Facultés de Médecine, que le petit docteur de ville ou de campagne finit par saisir le sens profond des maladies. Pour cette compréhension il doit se mettre à l'écoute de l'autre, son malade, qui est, avant tout, son prochain, pour tenter de comprendre sa souffrance et compatir : sa réponse de soignant sera fonction de la qualité de cette écoute. Car de nombreux maux dont souffrent de nos jours les stressés, les anxieux, voire les exclus, demandent plus d'égards et de regards que de piqûres et de pilules. En effet, faute de liens sociaux solides, la souffrance psychique, engendrée par les aléas de la vie, s'est engouffrée depuis quelques années dans les cabinets des médecins de famille, devenus des confessionnaux où se déverse ce trop-plein de douleur plus morale que physique, conséquence d'un mode de vie absurde brisant l'humain, un mal être omniprésent, pas vraiment au programme des études médicales. Ce mal-être, nommé blues, déprime, cafard ou bourdon, avec son lot d'angoisses, de boules dans la gorge, de soupirs et de souffles coupés, de ventres noués, gonflés ou ballonnés qui se vident ou se retiennent, de cœurs qui s’emballent, battent la breloque, occupe une part croissante du temps de la consultation, confortant l’intuition du médecin sur l’origine réelle des maux. 

 

    Faut-il rester sourd au sens des mots qui crient la douleur ? L'expression orale de cette souffrance serait-elle insensée ? L'exercice quotidien de la médecine ne peut que mener à appréhender la maladie comme un langage par lequel le malade exhibe sur son corps un message caché ou inhibé de son cerveau. Ce n'est pas une métaphore, les maux comme les mots se donnent, se passent et se repassent, voire se ''refilent'', un échange inter-humain dont la terminologie relève bien du domaine de la communication. Aux mots, signes verbaux, répondent les signes des maux, dont l'association constitue le symptôme, ensemble spécifique de la sémiologie médicale. Établir un diagnostic médical est une démarche de sémiologue à la recherche de signes cliniques, biologiques, radiologiques qu'il s'agit de réunir pour obtenir le message complet livré par le corps qui souffre et parvenir à accrocher le tableau qui se dessine dans le musée nosologique où sont rangés et classés tous les maux. Le médecin, tel un Champollion, doit découvrir le sens de glyphes charnels qu'il doit d'abord rechercher en fouillant tous les recoins du corps, des signes de maux motivés reflétant l'expression d'une anomalie de fonctionnement cellulaire localisée à tout ou partie d'un organe. Il existe des signes généraux en relation avec la globalité de la personne telles la fièvre, l'asthénie, l'insomnie, des signes régionaux non spécifiques que l'on rencontre dans des maladies différentes tel un syndrome sub-occlusif d'une méningite ou d'une diverticulite colique et des signes localisés pathognomoniques, spécifiques d'une maladie telle l'éruption muqueuse buccale de Köplick qui précède l'éruption cutanée de la rougeole ou une douleur de constriction rétrosternale d'une ischémie myocardique, communément appelée crise d'angine de poitrine. Comme le linguiste sémioticien, le médecin est plongé en permanence dans les signes qui pour lui sont somatiques ou psychiques, et se réfèrent toujours à une physiopathologie biologique du corps ou du cerveau. Mais pourquoi la maladie surgit-elle, pourquoi tombe-t-on malade ? La plainte somatique d'un organe malade n'est-elle pas la partie émergée d'une plainte psychologique bâillonnée, immergée dans les profondeurs encore peu sondées de l'inconscient de chacun ? Les signes du corps malade pourraient-ils n'être que la traduction charnelle de conflits de mots dans le programme de notre unité centrale, celui de notre cerveau, entre celui de notre carte mère héritée de notre espèce et les logiciels installés par les apprentissages conditionnés et les expériences de chacune de nos vies ?  Pourquoi cette chute et parfois ces rechutes dans la maladie ?

 

La chute de l'homme ou le mythe des origines

 

             “L'homme est un Dieu tombé qui se souvient des Cieux”              Alphonse de Lamartine

 

     Il n'est pas question ici de nier les origines biologiques ni l'évolution de l'espèce humaine sur terre tant les preuves scientifiques de sa réalité se sont accumulées depuis Charles Darwin. Même l'ontogenèse (la formation biologique de l'organisme) d'un homme actuel récapitule lors de son organogenèse embryonnaire les grandes étapes biologiques de la phylogenèse (évolution) des espèces. Le langage n'est apparu que récemment dans cette lignée de primates et c'est son apparition qui pose des questions scientifiques, linguistiques voire métaphysiques auxquelles jusqu'alors personne ne s'est aventuré à fournir des réponses globales, chacun se cantonnant au pré carré de sa science. Avant le livre controversé de Meritt Ruhlen sur l'Origine des Langues, la science linguistique s'interdisait toute investigation sur ce sujet. Pourtant de nombreux ouvrages anciens depuis le Cratyle de Platon ont proposé des théories diverses qui n'ont pas réussi à s'imposer sans vérification scientifique. Cet échec s'explique par une erreur fondamentale, cette d'avoir érigé en dogme le mot comme plus petite unité des langues, une conception consciente liée à son mode de transmission. Pour aborder la naissance du langage n'est-il pas logique d'étudier les processus inconscients qui ont généré sa structure et de se pencher sur les textes anciens bibliques ou mythologiques qui ont traversé les âges ?

 

    Comme Jung l'a souligné, les mythes manifestent le Savoir d'un inconscient commun à toute l'humanité par la médiation d'archétypes, des formes symboliques universelles ancestrales de représentations, persistantes chez l'homme évolué, homo sapiens sapiens. Ne sommes nous pas encore immergés parmi ces Personnages imaginaires : Aphrodite, Chronos, Éole, Éros, Hermès, Hypnos, Morphée, Narcisse, Œdipe, Pan, Phobos, Psyché... jouant sans complexe aux chiques avec nos comportements et nos états d'âme modernes. Leurs noms ont donné naissance à des enfants linguistiques qui gambadent toujours dans notre langue le plus souvent sous la forme d'adjectifs: aphrodisiaque, chronique, érotique, hermétique, morphinique, narcissique, panique, phobique, psychique...  Mais la greffe grecque a tellement bien pris dans notre langue romane aux origines latines que même nos ''éoliennes'' ou nos ''hypnotiques'' ont l'air contemporains. Ces Personnages mythiques ne sont pourtant que des êtres imaginaires incarnant des idées sous la forme de mots qui symbolisent leur fonction toujours actuelle. Le grec ''muthos'' signifie ''parole'' tout comme le mot ''logos''; la mythologie c'est donc la parole dans la parole, une parole enfermée, de nature inconsciente, qui se délivre dans le mythe.

   

   La notion d'archétype est d'inspiration et de tradition philosophique; elle apparaît déjà chez Platon pour qui le monde intelligible, le monde réel des hommes et de leurs perceptions, n'est que le reflet d'un monde idéal formé de pures idées : “L'idée est la cause qui sert de modèle aux objets dont la constitution est inscrite de toute éternité dans la nature” (dialogue socratique du Phédon). Dans le champ des sciences humaines, l'anthropologue allemand Adolf Bastian (1826-1905) évoque l'existence d'une structure universelle de l'esprit humain expliquant les mêmes pensées, rites et mythes à travers le monde, structure que Jung avance dans son hypothèse comme des images primordiales produits de la psyché, une disposition fonctionnelle à produire des représentations semblables ou analogues” (Métamorphoses de l'âme et ses symboles, 1912). Chez les philosophes empiristes l'archétype relève de sensations primitives à l'origine de la construction psychologique d'une image. Le biologiste Henri Laborit précise: “héritage génétique, héritage sémantique, voilà ce que contient au départ le cerveau de l'homme moderne” qui “y ajoutera le contenu de son expérience personnelle” (Biologie et structure, Gallimard, Paris,1968, p21). Même le Conte pour enfants n'échappe pas à ces archétypes ainsi que l'a démontré la continuatrice de Jung, Marie-Louise von Frantz (L'ombre et le mal dans les Contes de fée).   

   

   Comprendre l'origine et la structure du langage avec son héritage sémantique dont le trésor est enfoui dans l'inconscient collectif est l'ambition du premier tome de ce livre qui pour y parvenir nous plonge telle une recherche archéologique dans les racines fondatrices des mots, unités de nos langues modernes évoluées où il s'agit de détecter les témoins fossiles concrets de ce patrimoine. Comme nous le suggère cette chute originelle, ne doit-on pas commencer par la fin ? La science moderne ne saurait disqualifier ce mode de raisonnement où l'avancée de la prospective permet une nouvelle rétrospective : en effet c'est à partir des données enregistrables des confins de l'univers que l'astrophysique tente de comprendre sa naissance au moment du Big Bang. 

 

   La fin du monde ou la fin des temps figure aussi un mythe, celui de l'Apocalypse, du grec apokalúpsis, littéralement révélation, il repose sur la narration du combat entre les Ténèbres et la Lumière qui finit par triompher. “Je lui donnerai la manne cachée, et je lui remettrai un caillou blanc, et sur ce caillou est inscrit un Nom nouveau que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit” (Jean, Apocalypse, II, 17-18). Curieux déroulement de l'histoire biblique de l'Humanité qui, dans le Jardin d'Éden spirituel du monde d'en Haut, débute par une chute synonyme de fin en français, pour se terminer par une révélation qui ouvre une possible Ascension vers ce monde d'en Haut pour une Vie nouvelle. Pour comprendre notre histoire et le fondement de notre langue, n'est-il pas pertinent d'imiter le Petit Poucet perdu dans la forêt et de faire marche arrière en suivant les cailloux blancs semés depuis l'enfance de l'Humanité et ses premiers balbutiements ? Peut-être est-il nécessaire de se perdre pour retrouver et comprendre les origines de notre langage sur Terre. Comme le souligne René Thom, fondateur de la théorie mathématique des catastrophes, “quand on sait où l'on va, on va rarement très loin”!  

 

     Ainsi la découverte de cette nouvelle Langue, celle d'un inconscient collectif, s'est réalisée selon ce cheminement inverse. Au départ l'écoute de l'expression des maux des êtres humains, qui chutent et rechutent, semble une forêt obscure presque impénétrable de mots singuliers où il est facile de s'égarer, mais grâce aux cailloux blancs des onomatopées de la douleur parsemés encore dans notre lexique actuel, tels des fossiles de cris préhistoriques, le chemin vers l'origine incarnée des mots a pu été retrouvé et le sens des maux s'est dévoilé. “Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit” nous prévient Khalil Gibran.

 

       Selon l'histoire symbolique de la Genèse de la Bible, c'est par une chute que débute la vie de l'Homme sur Terre le condamnant à devenir mortel. Les exégèses de cette chute sont multiples et varient selon les religions monothéistes. Leur message commun révèle que c'est par la transgression de l'interdit divin que l'homme accède à la Connaissance qui nous élève et nous sépare de l'animalité et de l'inconscience, mais que cette désobéissance se paierait par des maux bien terrestres, ceux de la condition humaine avec la maladie, la vieillesse et la mort comme unique conclusion. Or toute découverte scientifique marquante transgresse les connaissances antérieures. Le clergé romain s'est érigé en juge divin pour condamner l'héliocentrisme de Galilée et la rotation terrestre avec interdit de contredire les dogmes admis par le Saint Office et ordre de se renier. Chut ! Le maintien dans un obscurantisme favorable aux dominants serait le Projet de Dieu ? Derrière le Verbe divin ordonnant de ne pas toucher au Fruit défendu de l'Arbre de la Connaissance ne faut-il pas entendre le respect de ce qui est dit “entre” (inter dit) en recherchant quelles séquences enfermées dans la chaîne sonore des mots ont jusqu'alors été occultées ? Notre langue n'est-elle que le fruit d'une réflexion partielle dans notre cerveau gauche du message réel de nos mots, dont les    composants sont perçus et créés dans notre hémisphère droit, où serait bâillonné le Verbe ? « Inconcevable, saugrenu » réfute l'homme conscient qui refuse d'entendre les mots autrement que leur perception jusqu'alors dirigée.

 

    Pourtant en devenant conscients, Adam et Eve ont acquis la langue mensongère du Serpent tentateur, un langage de la duplicité, un langage “double”, désormais transmis aux descendants terrestres en s'inscrivant dans de nouvelles zones corticales, celles des aires langagières de l'hémisphère gauche, un langage coupé de ses origines. Son acquisition, sa transmission par apprentissage conscient de la langue maternelle à chaque génération l'ont démotivé, faisant perdre tout sens aux sons, contrairement à ceux d'une Langue Première apte à exprimer la Vérité. La curiosité humaine n'a pourtant pas été éteinte par cette première expérience malheureuse car elle ne semble pas avoir de limites. Sa quête (éperdue... d'avance !) des Secrets de la Création s'avère sans fin avec une connaissance scientifique exponentielle depuis une centaine d'années. L'exploration ne s'est pas limitée au spectre d'acuité de ses organes des sens dont l'homme moderne a réussi grâce à une technologie de plus en plus sophistiquée à dépasser les seuils tant vers l'infini microscopique de la cellule à la molécule, puis à l'atome, au proton, à électron, au quark et récemment au boson de Higgs, que vers l'infini macroscopique avec observation de l'expansion de l'univers, de ses galaxies et milliards d'étoiles à des milliards d'années lumière. Mais la science a beau scier les branches de l'Arbre de la Connaissance de la matière avec des découvertes extraordinaires, elle semble inapte à résoudre un mystère terrestre plus humain, celui de l'apparition du langage et de la formation des  mots.

 

    Pourtant cette Quête de sens ne date pas d'hier, elle se manifeste dans les mythes et légendes dès le début de l'Histoire humaine comme en témoigne la mythologie mésopotamienne avec l'Épopée de Gilgamesh gravée en caractères cunéiformes sur des tablettes d'argile sumériennes durant le IIème millénaire avant J.C. Récit d'une histoire sacrée relatant le temps fabuleux des commencements, le mythe peut être perçu comme un savoir ancestral reflétant un état préscientifique de la pensée, le produit d'une imagination où l'on retrouve des thèmes communs (Déluge, condamnation divine  d'un langage commun lors de la construction de la Tour de Babel) où l'homme est le serviteur des dieux. Les variations des récits illustrent déjà une manipulation de la mythologie à des fins politiques et leur reprise dans la Bible hébraïque indique les sources archaïques de cette dernière. Ces mythes cosmogoniques qui traitent de la naissance de l'Univers, de la création de l'homme et de la dispersion des langues sont basés sur une séparation du Ciel et de la Terre, entre un monde d'en Haut et un monde d'en Bas. La chute de l'homme dans ce monde inférieur serait-elle une condamnation définitive et le Verbe d'en Haut serait alors éteint pour l'éternité ? L'homme est trinitaire : par son corps il est engagé dans le faire, par son esprit il est engagé dans la Pensée et par son âme dans l'Être. Et pour retrouver son Unité, un seul lien possible, le Verbe, retranché dans les profondeurs de notre inconscient collectif langagier.

 

 

 

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