Les émotèmes

 

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Les émotèmes

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Nous avons vérifié que l'émotion peur est relié au schémo-émotème "tr" :

trouille, trac, trembler de, tressaillir, pétrifié de, transi de, poltron, pleutre, trémolos, stress, voix étranglée...

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Cette peur est associée souvent au premier sens du schémème tr, celui de passage:

dans le domaine judiciaire: Tribunal, Maître du Barreau, magistrat, aller au trou, comparaître, contrat...

dans le domaine de l'obstétrique: matrone, travail, contractions, tranchées (du post partum), naître.

Cette peur est souvent associé au second sens de tr : déviation de la ligne, déviation du droit chemin, concernant les victimes et même les acteurs :

truand, détrousser, traître, tromperie, tricherie, trucage, tramer, intriguer, tripot, meurtre, trucider, trépas, récalcitrant, séquestrer, traquenard, travestir, contravention, maltraiter, compromettre, maîtresse, entraîneuse, traînée...

Ainsi le couple tr qui associe deux concepts géoométriques, deux schèmes et l'émotion peur, peut être qualifié de schémo-émotème.

Le son ia de la crainte

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La messe en latin fut peut-être une occasion de lier phonétiquement la peur du loup (l’une des grandes peurs du Moyen Âge, qui a survécu jusqu’au début de ce siècle et survit encore dans les contes pour enfants) au son “ia” : ainsi alleluia (issu de l’hébreu “Louez Dieu”) peut réaliser ce conditionnement associatif entre la peur du loup et le son ia. Une anecdote récente de 1997 le suggère. Une petite fille de cinq ans assiste à une messe en latin, riche en alleluia. A la sortie elle demande, craintive, à sa mère : « c’est vrai, maman qu’il y a les loups là ! » Ainsi, même en 1997, la peur du loup inquiète encore une fillette, dont le loup n’habite pourtant que l’imaginaire. Ce déplacement de la peur du loup à celle du ia est peut-être fortuite, il n’empêche que c’est bien ce groupe phonémique ia qui code pour la crainte. Ia existe dans la suite onomatopéique de la crainte, dans le aïe aïe aïe, en fait prononcé «ah ia iaïe», exprimé devant l’imminence de la punition, des représailles sous l’emprise de la crainte.
Cette suite onomatopéique anticipe le risque de douleur : aïe. L’attente craintive se trouve phonétiquement dans «Y a-t-il quelqu’un ?»
Le son ia des puissants, tantôt Dieu (Yahvé de l’Ancien Testament, ecclésiaste), tantôt Diable (démoniaque) n’a-t-il pas engendré la crainte, parfois symbolisée par un objet précieux, tel le diadème du roi (le mot diadème est issu du dessin en forme de triple croix blanche sur l’abdomen de l’épeire, l’araignée commune des jardins) ?

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Il dérive du latin diadema et du grec diadêma, riche bandeau qui dans l’antiquité étaitdiamant.jpg l’insigne du pouvoir monarchique ou impérial, puis bijou féminin en forme de couronne que l’on pose sur les cheveux (diadème en diamant).

 

 

 

 

Le sens du groupe phonémique ia a été en effet étendu aux objets signalant les puissants tels armorial, initiales, diamant, liasse, milliard, caviar, villégiature, nuptial, aviation, spécialité, sénatorial, psychiatre. Cette crainte est souvent  de teinte rouge, telle la tiare  du Cardinal ou le costume du Diable.

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Symbole du méchant, déguisé en Monsieur très bien, ou grimaçant sur les frontons des cathédrales, le diable est toujours le Tentateur, rouge comme le désir et le bourreau. Sa réduction bestiale manifeste symboliquement la chute de l’Esprit. C’est l’Ange déchu aux ailes rognées, qui ne peut plus rejoindre les Cieux, qui veut déposséder l’homme de la Grâce de Dieu pour le soumettre à sa propre domination. Le diable est la synthèse des forces désintégrantes de la personnalité. Grand diviseur (diabole), le Diable remplit une fonction qui est l’exacte antithèse de celle du Symbole qui est la réunion réussie.

 

 

commissariat, mafia, furia, viciable, salariat,  provincial,  prolétariat, viable, séquoia, racial

taenia, malaria, radiation, 

 


Comme le couple bl éblouissant est aussi aveuglant, chez le diable ou dans la Bible, le codon ia a un second sens, plutôt positif qui signifie propage. 
C’est un sens qu’il partage avec le son ie qui termine les noms de nombreuses disciplines scientifiques ou techniques que l’Homme a développées : philosophie, géométrie, économie, sidérurgie, chirurgie, terminologie qui en italien se termine encore en ia (philosophia). En français, ce son ia semble évoluer vers le son ie, qui a pris les deux sens, de crainte et de propagation. La phobie possède cette double propriété d’inspirer la crainte et de se propager chez le sujet comme l’histoire de la fillette au serpent l’a révélée. Les maladies, l’épidémie de peste ou de Sida, n’échappent pas à cette crainte et à ce risque de contagion. Le ie de bactérie nous avertit du risque contagieux, les virémies et septicémies nous indiquent la crainte d’une possible propagation par le sang contaminé et les excrétions urinaires de même : bactériurie, pyurie. Bien d’autres mots médicaux portent ce ie de propagation, depuis la carie, la myopie (propagation des ondes visuelles) en passant par l’allergie. Si l’ortie se propage et fait craindre sa piqûre, d’autres mots semblent plus positifs dans le sens surtout de propagation telle la vie, qu’on craint cependant de perdre ou les séries, dont on craint pourtant la loi .

 

Le son oi de l'admiration craintive

Roi, Loi, Foi, Bois, Croix, Voix, Victoire, Savoir, Purgatoire, Histoire, joie, abois, devoir, émoi, espoir, noir, poison, valoir, comptoir, tournoi, témoigner, toilettes, toile, tapinois, exploit, séquoia, froid, ratiboiser, paroi,  ...

 

 

 

 

Une nouvelle conception des mots


“La Science ayant dans le langage trouvé une confirmation d’elle-même, doit maintenant devenir une confirmation du langage ”.
                                                                           Stéphane Mallarmé


La linguistique consciente actuelle relie les sons du mot, l’ensemble des phonèmes ou lettres du signifiant, exclusivement au concept, au signifié par une relation arbitraire. La découverte de ce code révèle que des radicaux onomatopéiques, des séquences du signifiant formées de couples de lettres, non seulement persistent dans les mots sous forme de vestiges, mais les forment, constituant de véritables unités vibratoires déjà significatives soit dans le registre émotionnel, soit dans le registre visuel géométrique. A coté du langage gauche conscient, coexiste un langage droit non conscient, stockant dans sa mémoire ces unités de couples (VC, CC’,VV’).
L’émotème et le schémème sont les unités de ce langage primitif, archétypal, inconscient qui peuvent être nommées plus poétiquement «étincelles de Verbe ».
Ils semblent des descendants évolutifs de premières unités archaïques non conscientes constitutives d’une langue des profondeurs, la Grundsprache de Freud. Leurs associations forment les mots conscients.

La langue se dédouble donc avec une sémantique globale sue (qui s’apprend) du cerveau conscient G et une sémantique émotive ou spatio-géométrique insue d’unités phonétiques vibratoires du cerveau D, des codons archétypaux à l’origine des mots. Notre culture du langage
reposait sur la représentation duelle du signe, son/sens, forme/contenu, avec une discontinuité radicale. Jusqu’alors, les linguistes affirmaient que le son est hétérogène au sens. Entre référent et signifiant, entre signifiant et signifié, il n’y avait aucun lien motivé.Avec la découverte de ces unités signifiantes, le langage n’est plus désincarné, coupé du référent, mais il en capte la géométrie et mémorise l’émotion qu’il suscite.




Le référent, l’image de l’arbre ici, est une forme qui nous informe et dont notre cerveau sait reconnaître certaines caractéristiques en fonction de nos enregistrements antérieurs selon les variétés arboricoles que nous avons rencontrées et perçues dans notre environnement. Si nous désignons un référent par le signifiant global arbre, tree ou Baum en fonction de l’apprentissage conscient de notre langue, c’est parce que ces signifiants dans nos inconscients collectifs français, anglais et allemand désignent des caractéristiques différentes des référents !

 


Avoir de la motivation de l’arbre la connaissance



Les trois signifiants français, anglais et allemand arbre, tree et Baum, qui ne possèdent aucun son commun, ne sont pas reliés au même signifié, car le concept général d’arbre varie pour chaque peuple et chaque langue malgré la communauté européenne. Ces interprétations différentes
des objets en fonction de la nation ont bien été envisagées par Wilhelm von Humboldt dès 1821 : «dans toutes les langues réside une vision du monde particulière».
Le signifiant arbre français indique avec br soit la ligne brisée de ses branches ou sa brisure possible et avec ar son sommet prééminent ou sa menace (de se briser). Pour un anglais aux arbres soumis au souffle maritime du vent, le mot tree est davantage un phonesthésème qu'un schémème; car il signale l’écoulement de l’air (ee) qui fait trembler (tr) les feuilles, le rapprochant du tremble et du hêtre, variétés françaises d’arbres aux feuilles tremblantes.

Le mot Baum allemand fait entendre dans un premier temps un boum retentissant quand il chute.
Dans l’inconscient allemand, Baum résonne depuis l’aube de l’humanité avec le bruit de sa grume percutant le sol, der Grund (la tempête de décembre 1999 fut un rappel détonnant des chutes de Tannenbaüme dans la dans la Forêt Noire). Mais avec B majuscule il nous invite à entendre un sens plus profond celui d’une [transformation subtile et volatile de l’âmedu Verbe] suggérant que dans les arbres résonne le chant des oiseaux. Le Verbe, ses étincelles, correspondent aux premiers bruits résonnant de la Terre, perçus des hommes préhistoriques ! En Franche-Comté, un village
Baume Les Messieurs et une bourgade Baume Les Dames comportent dans leur nom ce même signifiant Baume ; or une baume était une grotte, un lieu de résonance pour les voix des premiers hommes dont l’écho puissant des cris et des premières onomatopées se répandait dans les galeries souterraines, où ils trouvaient refuge. Le mot Grotte décodé possède aussi le sens de [couverture qui fait sauter, exploser et propager La Langue], celle de nos profondeurs archaïques. En Afrique, le Griot est un membre de la caste des poètes musiciens, dépositaire de la Tradition
Orale chantant la Légende véridique, selon Léopold Senghor. Si l’on écrit Tree en majuscule, il se lit [écoulement de l’esprit qui traverse la Terre], proche du Baum allemand. Quant à l’Arbre majuscule, il [brise l’éloignement du sommet de l’Eternité], alors que le Bois se transforme en [crée le développement du Verbe], expliquant qu’il s’y déroule tous les contes enfantins.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 01/11/2014

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