Signe linguistique : la multiplicité des signifiants selon les langues

                         Mots motivés ou immotivés ?

Le signe verbal conscient des linguistes, défini par la dualité signifié/signifiant exclut l'objet désigné, le référent qui n'aurait aucun lien ni avec le signifiant, ni avec le signifié. C'est ce qui est encore enseigné en 2012 dans les cours de Linguistique de nos Facultés de Lettres.

 

.....................................Signifié                       signe-l.jpg....................................Signifiant

   L'esprit de ces linguistes rationalistes, enfermés dans leurs tours d'ivoire, ne s'intéresse pas au rapport du signe à la réalité qu'il reflète ou à l'individu qui en est à l'origine, mais au rapport du signe à un autre signe à l'intérieur d'un système clos cérébral, une fois qu'il a été adopté et admis. Comme l'énonce Martinet (1993) : «En termes simples, l’arbitraire du signe implique que la forme du mot n’a aucun rapport naturel avec son sens : pour désigner un arbre (i.e. le référent), peu importe qu’on prononce arbre, tree, Baum ou derevo.» Le corollaire de ce postulat, de cette hypothèse élevée au rang de dogme fondateur, est que la langue est une abstraction, sans aucun fondement naturel, aucun lien physique avec le référent.

Mais cette scission entre le monde linguistique conscient où règne la dualité signifiant/signifié coupée du référent respecte-t-elle la physiologie neurosensorielle? N'est-il pas évident que cette vision de la linguistique excluant le référent, et donc l'ensemble des processus neurosensoriels biologiques qui permettent au cerveau humain d'avoir une représentation de ce référent, peut être jugée très réductrice? Le langage humain est-il vraiment un objet  abstrait vierge de toute influence et de toute trace de la perception multisensorielle des référents ? Lacan pourtant affirme que le signifiant préexiste au signifié et le contenu de ce site démontrera que le langage conscient n'est que la partie émergée de la Langue, dont la base inconsciente est l'immense bloc immergé dans des eaux jusqu'alors sombres et profondes.

inconscient-image-images-1.jpg

  Pourquoi la linguistique saussurienne est fondée sur un signe conventionnel et s'est construite sur l'exclusion du référent ?Devant l’image de l’arbre, nommée référent par les linguistes, on associe, en fonction de sa langue, le signifiant sonore arbre en français, Baum en allemand ou tree en anglais.

 

Ainsi devant un objet x, le référent arbre par exemple, chaque langue userait pour le désigner d’une suite de sons, d’un signifiant propre, par pure convention, sans aucune motivation pour les linguistes. Le référent désigné n'aurait aucun lien ni avec les sons du signifiant ni avec le concept qu'est le signifié.

 

arbre3-3.png

triangle-referent.jpg

                  Signifiants différents............arbre/Baum/tree

A priori donc, devant un référent donné, l'homme userait de signifiants arbitraires comme ces trois langues semblent le vérifier avec 3 signifiants sans aucun motif signifiant commun.

 

Convient-il d'opposer un homme primitif créateur de la langue (ou des langues en laissant de côté le problème de l'unicité de la langue originelle), et ses descendants de plus en plus civilisés, mais tout au plus capables de transformer l'idiome de leurs ancêtres, de l'améliorer (évolution, dérivation, composition, passage de la racine au mot, élaboration des parties du discours, etc.) ? Ou doit-on considérer la création du langage (et de ses racines) comme un phénomène continu dont on pourrait observer des manifestations récentes ? Problème d'anthropologie historique autant que de linguistique: y a-t-il ou non deux espèces d'hommes, le sauvage (proche de la nature, à la mentalité primitive, etc.), et le civilisé (société différenciée, pensée abstraite)? Autrement dit, si le signe originel est motivé, y aurait-il dans les langues, à côté des phénomènes bien connus d'évolution et de dérivation, une recréation incessante de signes originels, une pénétration continuelle de la motivation ?

 

Les langues diffèrent, cela est évident. L'un des aspects par lesquelles elles diffèrent se révèle dans le choix des sons et dans l'association, semble-t-il arbitraire, du son et de la signification. Mais ces signifiants différents chargés de représenter le référent "arbre" sont-ils vraiment reliés à des concepts, des signifiés identiques pour un français, un anglais ou un allemand ? En bref, le signifié est-il invariable d'une langue à l'autre ? La sagesse de Montaigne affirmait déjà que "vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deça"  ou comme le dicton l'affirme : chacun voit midi à sa porte. Le concept d'arbre (le signifié) est-il vraiment constant d'une culture à une autre, d'un pays à l'autre ? Les signifiants "arbre", "tree", "Baum" ne représenteraient-ils pas des caractéristiques différentes du référent "arbre" ? Voilà la  première question qui sera débattue page suivante.

 

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Commentaires (1)

1. DANH Ouédé 24/08/2012

Approche somme toute interessante de la problématique de la motivation du signifié.Félicitation pour abord!

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Date de dernière mise à jour : 20/03/2016

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