La Langue maternelle

Le Berceau du Verbe

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Après avoir mis en évidence la motivation de séquences signifiantes : aille et ouille, cr,  gr, cl, ar, or, gl ,qui nous ont permis  en particulier de saisir la clef d'un Code caché, sa règle d'or, de définir l'homme de l'ar, le Signe de mort, il s'agit de saisir comment ce code, jusqu'alors insu, pénètre dans nos cerveaux d'enfant. Aussi est-il nécessaire de se pencher sur un langage que l'on qualifie un peu vite d'enfantin.

 

Dans les premières semaines de vie, le bébé émet un langage qui se résume au cri ! La soif, la faim, la solitude, la douleur, l’insécurité, la frustration, la contrariété s’expriment dans ce cri comme un véritable signal d’alarme à l’attention de la mère et de l’entourage. L’émission de ce signal, propre à toutes les espèces animales «sonores», est censée provoquer des réactions de protection de la part des parents. Il relie le bébé à ses parents et réalise une première communication à l’adresse de leur cerveauaffectif, en particulier de la mère.

bebe.jpgProgressivement le développement de la mémoire acoustique du nourrisson va permettre aux sons sélectionnés dans la langue adulte de pénétrer et développer l’arborescence neuronale des aires du langage de son cerveau. Avant même que les mots du langage adulte aient un sens dans son cortex cérébral G, le nourrisson aura enregistré dès 4 mois dans son cerveau D, le registre vocal de la langue, telle une portée musicale de phonèmes. Cette phase d’enregistrement phonétique et mélodique se complète par une phase de différenciation des phonèmes par imitation dès 11 à 12 mois. Le passage à la signification se développe ultérieurement par un stade appelé des mots-phrases, mots uniques exprimant des désirs, des besoins (je veux boire, raccourci en baba), réalisant les premiers liens sons/sens, signifiants/signifiés.


La capacité à reproduire des mots à deux phonèmes différents nécessite leur association dans la mémoire acoustique et l’affinement de leur exécution par les organes de la parole. Cet apprentissage n’est pas évident, et l’enfant, entre un et deux ans, se contente souvent de répéter uniquement le dernier phonème entendu. Lorsqu’il y parvient, cela signifie que les neurones, supports de la trace phonétique de chaque phonème, s’associent dans sa mémoire phonétique ; cela signifie aussi qu’il parvient à associer le premier phonème du mot parlé au deuxième phonème du mot mémorisé : pa… pi, papy.


Mais, nous les adultes, sommes devenus sourds, car quand l’enfant dit papa, pipi, caca, dodo, nous ne savons entendre consciemment que le redoublement de syllabes, tel pa~pa, et nous qualifions un peu trop vite ces mots à double syllabes d’enfantins. Pourtant ces premiers mots révèlent deux caractéristiques fondamentales du langage humain :


- d’une part, dès son début, le langage est mimétique, analogique et ses unités syllabiques conscientes qui formeront nos futurs mots sont autocopiées : pa~pa, dans un mode de fonctionnement en série. Un apprentissage qui s’inscrit dans les aires du langage du cerveau G.


- d’autre part, nous ne percevons pas ou nous avons perdu la perception de la liaison entre les deux groupes de phonèmes identiques, qui reste non consciente : pourtant dans papa pipi caca dodo, la liaison non consciente est aussi enregistrée par notre cerveau D, à savoir ap de papa, ip de pipi, ac de caca et od de dodo. Il s’agit de sons, de groupes de phonèmes non conscients, dont la suite de ce livre vous démontrera qu’ils ne sont ni arbitraires, ni immotivés. L'apprentissage conscient de la langue maternelle  est orienté vers la mémorisation syllabique et ce choix privilégié de la syllabe réalise une sorte de "refoulement linguistique originel", il écarte, exclut, bannit,  dissimule à la conscience pour jeter dans le fleuve de l'Oubli de l'inconscient les séquences de signifiant intersyllabiques.

L'apprentissage conscient et donc la transmission de la langue s'opèrent donc avec une surdité sélective qui s'apparente au refoulement freudien par ce maintien hors de la conscience d'une partie de la chaîne signifiante. En croquant le fruit de l'Arbre de la Connaissance Adam s'est engagé sur cette voie de ne plus voir, d'avoir la conscience de, mais en perdant la conscience du Tout  et le langage nécessaire à la transmission de ce savoir (ça-voir) n'échappe pas à cette cécité ou surdité sélective propre à la science.


Il faut donc imaginer qu'à l'orgine des langues , les premiers protomots exprimés furent une simple vocalisation dont les interjections azctuelles  témoignent du côté rudimentaire sémantique mais de la forte connotation émotive : ah . Les premiers rudiments de mots biphonémiques sont ensuite apparus avec l'adjonction d'une consonne ou d'une seconde voyelle dans des onomatopées courtes auxquellees certaines de nos onomatopées actuelles peuvent donner une idée: han pour l'effort, ahi ou aïe pour la douleur, hop pour saut avec écart, voire certains de nos mots brefs: en  ou in pour l'intérieur, hic pour obstacle,  , ode pour onde musicale, or pour lumière, if pour pointu, il pour lien entre deux,

Eve pour le prénom biblique de la première femme... Le sens des premières consonnes fut aussi relié par mimétisme à la gestuelle humaine : F de feu pour reproduire le souffle pour l'allumer ou l'attiser, b cette consonne labiale pour la bouche et ce qui s'y rapportait. Les onomatopées telles crac, clac, flic-flac marquent déjà une complexification de l'articulation phonatoire mais restent imitatives. 

 

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« Fais do~do, Colas mon cher petit frère linguiste », berce-toi d’illusions conscientes, dodo l’enfant do(miné), dormira bientôt : ce n’est pas avec la syllabe do du cerveau dominant gauche (sinistra disaient les latins), que bébé dormira et arrêtera son cri ; ce qui va calmer le cri du bébé, ce sont les accords mélodieux de l’onde douce d’une voix aimée, produite sous la commande du cerveau D et du cerveau affectif et mnésique mammalien.


Dans ‘‘dodo’’ c’est od qui représente l’onde qui berce. Car l’onde de la mélodie que modulent les cordes vocales de la doudou qui dodine le Bébé, nouveau venu au monde, cache un code secret, jusqu’à présent insondé, le code de la genèse du langage ! L’ode de la Berceuse ne délierait-elle pas le noeud gordien de l’origine du langage, caché dans l’Odéon de Zeus, qu’Alexandre le Grand n’avait pu que trancher d’un coup d’épée et que Jacques Lacan n’a pas réussi à dénouer dans les signifiants? La Berceuse, c’est l’onde du Verbe qui se penche sur le Berceau de l’humanité en abreuvant la bouche auditive du bébé.
La mémorisation précoce de ce codon od inconscient du cortex cérébral D s’effectue grâce au cerveau affectif (système limbique avec la circonvolution de l’hippocampe et de l’amygdale cérébrale) et sa motivation initiale est l’amour maternel, perçu dans la douce mélodie vocale de la Berceuse.


Or, le couple de lettres od de nos mots est symbole de l’onde


Le couple od se reconnaît facilement à la lecture. Mais ses lettres o et d sont parfois disjointes par une ou deux lettres intermédiaires (ord, ondoud, ourd, oid, oind…), d’où une prononciation qui la rend plus difficile à reconnaître à l’oreille. Elle vibre ainsi dans l’onde sonore de la mélodie à la rhapsodie, dans l’onde visuelle des phares à iode et des codes automobiles, dans l’onde liquide de l’ondée à l’inondation, dans l’onde olfactive à l’odeur même nauséabonde.
L’ode du Poète, ses rondeaux ou ses vers duodécimaux (alexandrins), chantant l’amour et la beauté, viennent d’un autre monde, celui de l’hémisphère D. Dans les écoles maternelles, combien d’enfants serrent contre eux leur doudou, plein d’odeurs, que leur cerveau affectif (rhinencéphale) reconnaît et fait correspondre à l’amour maternel. «Les parfums, les couleurs et les sons se répondent » décode la voix profondet vagabonde de Baudelaire. Notre raison consciente est comme sourdà cette ode qui résonne dans l’onde sonore produite par nos cordes vocales et modulée par la bouche, tout un code qui résonne dans les caisses des cavités des sinus de l’ethmoïde* et du sphénoïde*, transmettant à la ronde un message issu de la face D silencieuse de la sphère cérébrale ! Ce décodage des words (‘‘mots’’ en anglais), ne réalisera t-il pas une onde de choc et ne bousculera-t-il pas le monde matérialiste de la raison ?


D'un coté l'hémisphère G cérébral (dit dominant) avec ses aires du langage conscient, conditionné par répétitions syllabiques maternelles (dodo, lolo, bobo...) et scolaire où l'on apprend en maternelle ce qu'est un doudou, un bol, une bobine, en primaire ce qu'est une mélodie, un atoll et un objectif, en secondaire ce qu'est un urodèle, un volt, un objecteur de conscience et enfin en faculté ce qu'est le psychodrame, la virologie ou la robotique.
Mais dans ces conditionnements linguistiques conscients qui se répètent, par 4 vagues éducatives, dont ces 12 mots conscients témoignent de l'évolution progressive du niveau, 3 petites séquences signifiantes inconscientes od, ol et ob se sont maintenues avec le même sens initial que les mots du langage que l'on qualifie d'enfantin : od (onde/mode), ol (rond /tourner) et ob (en face de/à l'encontre de). Cette dernière conserve même un conditionnement qui date du latin.


De l'ensemble de la chaîne sonore des signifiants bobo, dodo et lolo, l'apprentissage linguistique oriente la conscience à n'entendre que les syllabes redoublées bo, do et lo en occultant, en dissimulant la liaison entre ces syllabes, à savoir ob, od et ol qui sont des unités de la langue de l'inconscient pourtant parfaitement entendues et retenu dans la mémoire de l'hémisphère D et qui sont des unités inconscientes insensées qui existent dès le stade enfantin du langage: lod de l'onde du chant de la berceuse qui chante dodo, ob du bobo de l'enfant qui s'est cogné contre un objet, ol de la rondeur de la goutte de colostrum ou du sein nourricier (des sacrés lolos!).



Résonance cachée, ud


Ecoutons la musique de l’üd ou oud, instrument à cordes arabo-islamique, ancêtre du luth occidental. Serions-nous sourds aussi à l’activité ludique des enfants, prélude à l’étude de la lumière des Lettres ? Allons guetter par le judas de la porte, de la lourde, pour entrevoir le mystère d’un autre hémisphère.


Les deux sens inconscients d’ud sont :


ud = vers le caché des sens ou vers le sens caché


L’ud pudibond fait fuir le pudique qui trouve que ce qui est caché des sens est dégoûtant ; il ravit le naturiste qui enlève ce qui était enfermé dans son bermuda et exhibe au soleil sa nudité (non caché des sens).
Oudini, le magicien, possédait cet art caché de nos sens.
Il faut être plus érudit pour se mettre à l’étude du sens caché, dans le Talmud judaïque, dans le Baptême du Jourdain du Juif de la tribu de Juda, dans la sagesse de Bouddha. Plus près de nous, entendons-le dans la Grundsprache, la Langue des Profondeurs de l’inconscient, qui éludet  passe en fraude, de notre ami Sigmund Freud. Le rudiment linguistique du sens caché est bien le couple de lettres ud, gravé dans le prénom et le nom de Sigmund Freud !


Bouleversons, chamboulons, tourneboulons le langage conscient


L’od de l’onde de la Berceuse, qui entraîne le bébé au dodo, nous invite à entendre et à lire comment les mots se forment dans la langue de nos petits. Avec leur biberon « Dodie » ou plus naturellement grâce au sein de leur mère nourricière, ils boivent du lolo. Cette onomatopée enfantine n’est pas le « lèlè » attendu du lait, dans l’hypothèse où les mots enfantins ne seraient qu’une répétition de la première syllabe du mot adulte.
De même que le couple de lettres od, relié au sens d’onde, naît de dodo, de même ol, relié au schéma du rond, naît de lolo. Les seins ronds de la femme allaitant sont surnommés des lolos, des lolos sacrés pour le bébé affamé qui pose ses lèvres gloutonnes sur l’aréole et de sacrés lolos si leur rondeur force l’admiration et le rêve !

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De la goutte de colostrum (premier lait de la femme allaitante) à la métropole (grec mêtêr polis, cité mère) en passant par le bol ou la casserole, sans oublier les macules rondes de la rougeole, rubéole et autre roséole, l’image du cercle et du rond s’impose : farandole, volutes, fumeroles (ronds de fumée), corolle, alvéole, auréole, coupole, atoll, pôle, révolution, soleil, parabole, créole (boucle d’oreille), volubilis, malléolet mollet et ronds de jambe de nos guiboles. La section ronde est indiquée avec la lettre c : col, collier, colonne, colon, colline

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ol = rond, arrondi / tourne

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                                         en colimaçon
Le couple de lettres ol, unité d’un code encore insu, peut être qualifié de ‘‘codon’’ comme en génétique, puisqu’il détient le message de deux informations inconscientes visuelles de type géométrique statique et dynamique, qui semblent à la base de la genèse du langage conscient.
Le codon ol du lolo, issu de la «voix lactée», signale la goutte ronde, celle de l’aérosol, du collyre et collutoire.
Mais en ce bas monde, on court après d’autres ronds, des espèces autrefois sonnantes mais toujours trébuchantes ; on ne veut plus d’une obole, on réclame sa solde, des sols (sous en ancien français), on veut gagner le pactole, c’est le règne du dollar roi, du gold, quitte à le voler, à faire des hold-up, à cambrioler quelques pistoles !

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On oublie que ce joli ol du lolo qu’aspire la bouche, désigne aussi l’arrondi de notre bouche où se forme la parole : volubile, qui rigole, se gondole, enjôle, raconte des histoires drôles, des gaudrioles, des fariboles, pousse des olé en faisant la ola !

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Le second sens d’ol est sans doute issu du tour primitif du potier donnant la forme ronde à son bol, c’est tourner, tel le moteur de nos bagnoles, ou l’effet de la goutte d’alcool, de la gnôle qui rend rond et fait tourner : picole, viticole, saoul, Beaujolais. Ol coule de source et roulsous la Table ronde !



Le plus étonnant ou le plus extraordinaire c'est le Savoir que renferme cet ol de la goutte de lolo des lolos de la mère. En effet le mot "sol" est formé de ol et s, lettre minuscule qui nous le verrons plus tard est reliée au sens de surface ou d'enveloppe. Ainsi le mot sol français a pour sens inconscient une surface ou une enveloppe ronde et/ou qui tourne. Ce mot est issu du latin solum qui existait 500 ans avant J.C., ce qui signifie que les romains marchaient sur une surface ronde qui tournait ! Le célèbre " et pourtant elle tourne", prononcé  le 22 jhuin 1966 par Galilée, condamné au reniement par un clergé qui parlait latin ! Le  sens inconscient du mot world anglais nous devoile aussi un monde rond.

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Des codons qui remontent au latin


« Maman, bobo !». Quand le sujet bébé rencontre un objet, cela peut lui faire bobo. Encore un mot d’enfant fait de deux syllabes répétées. Bobo ne rime pourtant avec aucun mot d’adulte. Ce bobo fait enregistrer dans le cerveau D du … latin (!), car le couple ob a la même signification que la préposition latine ob.


ob = en face de, à l’encontre de

Dans la langue des adultes, le sens en face est évident dans l’objectif et le sens à l’encontre dans objecter. L’enfant répète dodo, lolo, bobo : c’est ainsi que commence la programmation vocale familiale et scolaire.

xénophobe, sobriquet, robuste, snob, dérober, opprobe, obus, obvenir, obvier, obvenir, obturer, obstruer, obstacle, oblitérer, obtempérer, obstiné, obsédé, observer, obscurcir, obnubiler, obscène, obligé, obèse, objectiver, obérer, nonobstant, noble, mobile, lobe, jobard, jacobin, immunoglobine, ignoble, gober, homophobie, hobereau, goberger, global, enrobage, enrobé, englober, embobiner, obéir, dérobade, dégobiller, claustrophobie, bobard, automobile, aérobie, troubler, toubib, soubresaut, soubrette, troubadour, roublard, oubli, oubliettes, loubar, houblon, Doubs, doubler, bouboule, adouber, redoubler, boubou,  baobab


vrombir, trombone, tomber, tombe, bomber, bombe, trombe, tombola, surplomb, nombre, plomb, surnombre, succomber, sombre, sombrer, combine, ombre, ombrelle, nombril, ombilic, lombago, lombes, incomber, hombre, lombric, combustion, combler, combine, combien, combat, colombe, bombarde, assombrir, aplomb

sorbet, résorber, orbite, scorbut, orbe, forban, exhorbité, corbeille, borborygme, absorber, corbeau, corbillard

tourbillon, tourbe, courbe, pourboire, fourbir, gourbi, estourbir, embourber, courber, courbature, bourbier.colback, poulbot,


L’apprentissage s’inscrit dans les aires de Broca du cortex cérébral G, selon la convention consciente de chaque langue. Il se fait par conditionnement conventionnel associant un signifiant, les sons du mot, à un signifié conscient, le concept. Mais l’enfant capte encore avec son hémisphère D, à son insu et à l’insu du Professeur, des sons très précis qui renvoient au mode de perception sensoriel et émotif du nourrisson qu’il a été, reliquat d’un modèle archaïque.


Tout va très vite alors pour l’acquisition du langage conscient. Les phrases à deux mots apparaissent après deux ans, puis des petites phrases complètes sans conjugaison ni déclinaison ; ensuite c’est l’acquisition progressive des structures grammaticales. C’est lors de la phase de l’acquisition de la marche que l’enfant se met aussi à prononcer ses premières paroles. Il présente une véritable faim de mots, stimulée par une curiosité spécifique à l’espèce humaine. Il ne demande pas comment on désigne tel objet, mais «ce que c’est» ou «ça c’est quoi», comme si la désignation et la naissance de l’objet lui-même étaient  contemporains, comme si l’environnement s’imprimait directement sous forme de l’association «mot-image» dans son cerveau. L’enfant assimile verbalement son environnement comme il l’appréhende manuellement et visuellement sous formes de représentations. Cette boulimie de connaissance, de sons, de mots, enrichit vite son vocabulaire. Son lexique s’épanouit à un rythme extraordinaire : vers deux ans l’enfant moyen connaît déjà 300 mots, à trois ans il triple ce chiffre, à quatre ans il utilise un lexique de 1600 mots et à cinq ans plus de 2000. A partir des cris primitifs presque génétiques, l’enfant actuel s’édifie un gratte-ciel verbal conscient quiaboutit au langage abstrait complexe, support des jeux de la pensée.

Holà, la raison aurait-elle tué la résonance ?

 


Langage gauche ou langage droit ?


Si nous n’analysions que le langage conscient de l’hémisphère G, celui des mots appris grâce à notre entourage et à l’école, nous pourrions nous en tenir aux thèses de la linguistique classique. Les aires cérébrales G du langage traitent en effet les informations en chaîne, un travail en série, basé sur la dualité signifiant/signifié : la globalité sonore du mot (ensemble des sons du signifiant) est reliée par conditionnement à un  concept, le signifié. Si le cerveau G est celui de la raison, du calcul, de la pensée logique, c’est grâce à ce fonctionnement en série, par associations lors d’apprentissages conditionnés. Il est appelé dominant, en particulier dans le domaine linguistique car c’est à son niveau que se situent les aires du langage conscient, celles de sa praxie* (aires de Wernicke) et celles de ses champs lexicaux sémantiques (aires de Broca). Lors d’un accident vasculaire cérébral G par ischémie, par exemple lors d’une thrombose d’une branche de l’artère de Sylvius irriguant l’aire de Broca du langage, apparaît une aphasie verbale, la perte de la parole. En fonction de l’étendue de l’ischémie, les atteintes du langage peuvent s’étendre et toucher l’écriture et/ou la lecture.
Quand les lésions touchent l’hémisphère D, le malade ne perd pas la parole, ni la lecture, mais l’intonation émotive et la mélodie de la phrase.
Mais que sait-on des pertes de son langage inconscient ? Ce que l’on sait avec certitude, c’est que l’hémisphère D fonctionne en parallèle ; il ne traite pas les informations une à une selon un programme appris comme le fait le cerveau G, mais la globalité du message sensoriel, des millions d’éléments à la fois, sans la médiation du langage conditionné.
L’hémisphère D, maître de l’harmonie musicale, est celui de la résonance des mots et des rimes, ces assonances terminales. Or, si la poésie a la vertu de nous toucher au plus profond de notre être, c’est que sa musique parle à notre cerveau émotionnel et à notre inconscient. «La musique c’est du bruit qui pense » affirme Victor Hugo. Les sons de nos mots peuvent réaliser une mélodie, dont le chant berce nos coeurs depuis les berceuses jusqu’aux chansons populaires. Dans la maladie d’Alzheimer, incapables de parler, certains malades peuvent encore chanter avec des paroles justes !
Les sons qui forment nos mots, signaux de communication, sont aussi des vibrations, dont les unités perçues immédiatement par l’hémisphère D humain entrent en résonance avec ce qu’on peut appeler poétiquement des étincelles de Verbe, jaillies dans nos neurones, excités par des courants d’influx nerveux, issus de la stimulation des cellules sensorielles de nos rétines, par la lumière, et de celles de la cochlée de nos oreilles, par le son. Cette coïncidence lumière/son du monde environnant devient une liaison image/musique dans les aires associatives de la vision et de l’audition, puis par imitation vocale une liaison géométrie / phonétique (if de pointe, ep de séparation, od d’onde). Le poète en a l’intuition, car « la musique c’est l’âme de la Géométrie » précise Paul Claudel.

L’une des ambitions de ce site est de démontrer qu’il existe une langue inconsciente, utilisant comme unités, non pas les signes verbaux conventionnels, les mots, mais des unités plus petites qui symbolisent le référent à notre insu. Et tout cela se réalise dans l’hémisphère D qui, s’il n’a pas les mots pour l’exprimer, possède la mémoire des sons : c’est lui qui est reconnu comme le chef d’orchestre de la mélodie et de la prosodie* du langage, celui de l’intonation, en particulier affective ou émotive, lui qui est le géomètre de notre environnement, dont il a la capacité innée à enregistrer la géométrie spatiale. Lieu de l’imaginaire, de l’art, des images des rêves, des jeux de mots de l’humour, l’hémisphère D de la résonance a été occulté, éteint par la dominance de l’hémisphère G de la raison, qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes, car si lumière il y a au fond du tunnel de la destinée humaine, c’est surtout à droite qu’il faut la rechercher (sans aucune allusion politique !).

Si la transmission de la vie repose sur la duplication à l’identique d’un brin d’ADN qui sert ensuite de matrice pour une lecture dirigée de certaines séquences de ses gènes, la transmission du langage repose sur une autre duplication à l’identique de courtes séquences de phonèmes : bobo, coco, dodo, lolo…portent les codons ob, oc, od, ol de cette langue des profondeurs ; baba, caca, dada, nana, papa, tata portent une liste ab ac ad ... , quasi abracadabrante pour le non initié.


La liste de ces mots enfantins et des mots adultes construits par répétion d'une syllabe est longue.

avec a baba, bla bla,  caca,  cra cra, dada, fla fla, gaga, glagla, mamma, nana, papa, tata.

avec e : bébé, mémé, nèné, pépé, quéquet,  tsé tsé

avec i : bibi,  cui cui, pipi

avec o : bobo,  cloclo, coco, dodo, gogo, jojo, lolo, popo, toto, toctoc,  zozo

avec u  et ou;  boubou, cucu,  coucou, doudou, foufou, glouglou, nounou, toutou, tutu,  vouvou

panpan, pinpin, ponpon, zinzin 

 

A

B

C

D

F

G

H

J

K

L

M

N

O

P

Q

R

S

T

W

  • wouwou

Y

Z


bonbon ronron tonton

train train

prénom/surnom

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Date de dernière mise à jour : 29/11/2013

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