sémiologie

syllabes vaines Paul Valéry  à voir

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lgge_0458-726x_1986_num_21_82_2485 http://books.google.ci/books?id=iuMbAQAAIAAJ&q=Contre+l'arbitraire+du+signe+Maurice+Toussaint&dq=Contre+l'arbitraire+du+signe+Maurice+Toussaint&hl=fr&sa=X&ei=zDkyT7K3GojNhAfl88SXBQ&ved=0CEcQ6AEwBQ On pourrait dès lors être tenté(e) d'assimiler la sémiologie, telle que son champ est esquissé ici, à la «sémiotique», qui a pu être définie comme l'étude des pratiques signifiantes ayant pour domaine le texte. Il est vrai que les rapprochements sont possibles, ce qui n'a rien de surprenant, dans la mesure où la sémiotique moderne, ou plus exactement contemporaine (on exclura donc la sémiotique de Peirce, qui est une théorie générale du signe antérieure à Saussure), reprend le projet exposé dans le Cours de linguistique générale. Toutefois, à la différence de la sémiotique, greimassienne par exemple, qui considère le texte en tant que tel, par rapport au seul système de la Langue (il y a donc clôture du langage sur lui-même), je propose une sémiologie fondée sur la dialectique du langage et de son support obligé, le sujet parlant face à un sujet écoutant, c'est-à-dire fondée sur l'échange langagier et sur la prise en compte des données situationnelles étroites (contexte de l'interlocution) et larges (contexte historique). Il en découle que la sémiologie s'inscrit dans l'Histoire. Il y aura donc une sémiologie synchronique et une sémiologie diachronique.

Tous les théoriciens et les praticiens des différents domaines de recherche constitutifs des sciences humaines et sociales devraient par conséquent trouver leur compte dans le projet exposé ici, à condition, à un moment ou à un autre de leur recherche, de centrer leur observation et leur réflexion sur la combinaison signifiant / signifié et de se demander comment s'effectue le passage de l'un à l'autre. Est-il «motivé» ou non motivé? S'il est motivé, quelle en serait la motivation? En un mot, le signe est-il «arbitraire»?

Cette question, qui traverse toute l'histoire de la réflexion sur le langage depuis Platon et le Cratyle (phusei ou thesei?), est bien évidemment au centre de nos préoccupations sémiologiques. Elle ne se résout pas aussi facilement qu'on pourrait le croire à la lecture de Saussure et même après l'analyse critique que fait Benveniste2 de celui-ci. Benveniste est du reste conscient des limites de l'analyse qu'il propose: «C'est en effet, transposé en termes linguistiques le problème métaphysique de l'accord entre l'esprit et le monde [c'est moi qui souligne], problème que le linguiste sera peut-être un jour en mesure d'aborder avec fruit, mais qu'il fera mieux pour l'instant de délaisser» (op. cit., p. 52). Et il met en avant le«point de vue» du sujet parlant, par opposition à celui du linguiste, mais il ne développe pas cette idée qui aurait pu être féconde, préoccupé qu'il est par l'existence du signe au sein du système linguistique, dont il est l'élément essentiel. DansDe l'origine du langage (1848), Ernest Renan avait pourtant ouvert une voie intéressante lorsqu'il discutait des dénominations naturelles:

«Les appellations n'ont point uniquement leur cause dans l'objet appelé (sans quoi elles seraient les mêmes dans toutes les langues), mais dans l'objet appelé vu à travers les dispositions personnelles du sujet appelant [c'est moi qui souligne]. Jamais, pour désigner une chose nouvelle, on ne prend le premier nom venu; et si, pour désigner cette chose, on choisit telle ou telle syllabe, un tel choix a sa raison d'être. [...] Les analogies secrètes et souvent insaisissables d'après lesquelles les gens du peuple forment les sobriquets, les noms de lieux et, en général, tous les mots qui ne leur ont pas été imposés par l'usage, ne sont pas pour l'observateur un moindre sujet d'étonnement. [...] Il en fut de même pour les dénominations primitives. La raison qui a déterminé le choix des premiers hommes peut nous échapper; mais elle a existé. La liaison du sens et du mot n'est jamais nécessaire, jamaisarbitraire; toujours elle est motivée» (p. 147-149).

 

 

http://www.univ-montp3.fr/llacs/index.php?option=com_content&view=article&id=105%3Ajean-luc-puyau&catid=45&Itemid=53

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Date de dernière mise à jour : 08/02/2012

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