Esotérisme et Evangile

L'Évangile selon Marc - Chapitre 4
11 Il leur dit : C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles,
12 afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point, et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu'ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés.

Depuis près de deux mille ans, les «apocryphes» font fantasmer. On désigne par ce terme des textes qui mettent en scène des personnages appartenant aux origines du christianisme – Jésus, Marie, les apôtres –, mais qui n’ont pas été retenus dans le Nouveau Testament. Ces textes sont désormais accessibles au grand public, rassemblés dans deux volumes de la Pléiade, la célèbre collection de Gallimard.

Le premier volume des «Ecrits apocryphes chrétiens», riche de 1782 pages (imprimées sur papier bible!), est paru en 1997 et le second volume, de 2200 pages, voit le jour à l’automne 2005. Grâce à cette publication, nous pouvons maintenant lire en traduction française une collection d’apocryphes chrétiens sans équivalent dans d’autres langues modernes. Un travail de géant que l’on doit à une équipe internationale de chercheurs placée sous la direction du professeur de théologie de l’UNIL Jean-Daniel Kaestli.

Alors que le premier volume permettait notamment de découvrir l’Evangile de Thomas, célèbre pour les «paroles cachées de Jésus» qu’il contient (lire à ce propos le N° 16 d’«Allez savoir!» de février 2000), le tome II des «Ecrits apocryphes chrétiens», qui paraît ces jours-ci, s’ouvre par l’Evangile de Marie. Un texte où Marie Madeleine rapporte un enseignement secret qu’elle a reçu de Jésus, et qui connaît maintenant une notoriété planétaire, depuis qu’il a été cité dans le best-seller de Dan Brown, le «Da Vinci Code».

« Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et que Didyme Jude Thomas a écrites. Et il a dit : « Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas la mort. » Jésus a dit : « Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Et quand il aura trouvé, il sera troublé ; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il règnera sur le Tout. » » (Le Papyrus d'Oxyrhynque 654 ainsi qu'une citation de Clément d'Alexandrie et l’Évangile des Hébreux donnent une autre version : « et ayant été troublé, il règnera ; et ayant régné il atteindra le repos. »).

Le logion 7 :

« Jésus a dit : « Heureux le lion que l’homme mangera, et le lion deviendra homme ; et maudit est l’homme que le lion mangera, et le lion deviendra homme. » »

Dans les deux cas, le lion deviendra homme. Selon Claudio Gianotto, « le lion, dans la tradition gnostique, est le symbole du démiurge ou des passions. » « Cette parole de Jésus veut simplement souligner l’impossibilité, dans un contexte gnostique, d’une totale absorption de l’élément spirituel par l’élément matériel et passionnel. »6.

Le logion 80 :

« Celui qui a connu le monde a trouvé le corps, mais celui qui a trouvé le corps, le monde n’est pas digne de lui. »,

Le logion 29 :

« Si la chair est venue à l’existence à cause de l’esprit, c’est une merveille ; mais si l’esprit est venu à l’existence à cause de la chair, c’est une merveille de merveille. Et moi, je m’émerveille de ceci : comment cette richesse s'est-elle mise dans cette pauvreté ? »

Le logion n°105 dénoncerait l'inceste :

« Jésus a dit : Celui qui connaît son père et sa mère, on l’appellera fils d’une prostituée »7 ; mais une autre traduction propose : « l’appellera-t-on fils d'une prostituée ? »8.

Le dernier logion, n°114 :

« Simon Pierre leur dit : « Que Marie nous quitte, car les femmes ne sont pas dignes de la Vie. » » « Jésus dit : « Voici que moi je l’attirerai pour la rendre mâle, de façon à ce qu’elle aussi devienne un esprit vivant semblable à vous, mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le Royaume des cieux. » »

Cette idée se retrouve ailleurs dans la littérature gnostique9.

Le logion le plus court ne fait que deux phrases :

Jésus a dit :
Soyez passants.

Auteur[modifier]

Selon l’incipit du manuscrit, il s’agirait de Thomas, l'apôtre « Thomas, appelé Didyme » (Jn 11 16), et ici Didyme Jude Thomas. Didyme n’est que l’équivalent grec de l’araméen Thomas, et signifie « le jumeau ». Le Livre de Thomas l’athlète précise :

« Le Sauveur, frère de Thomas, lui a dit… Écoute ; je te révélerai ce à quoi tu penses dans ton cœur : Comment l’on dit que tu es véritablement mon jumeau et mon compagnon…; comment l’on t’appelle mon frère », ce qui, dans une perspective gnostique, en fait le « parfait initié »6.

Le nom de Jude est associé à celui de Thomas dans plusieurs écrits orientaux, en particulier les Actes de Thomas, composés en syriaque à Édesse sans doute au début du IIIe siècle, où on peut lire (chapitre 39) :

« Jumeau du Christ, apôtre du Très-Haut, toi aussi associé à la parole secrète du Christ et qui a reçu de lui des paroles cachées… ».

En dehors de l'Évangile selon Thomas et des Actes de Thomas, d’autres apocryphes ont été placés sous l’autorité de Thomas : l’Histoire de l'enfance de Jésus et l’Apocalypse de Thomas sur la fin des temps.

Valeur pour connaître l’enseignement de Jésus de Nazareth

Selon Jean Doresse, qui a fait la première publication des textes de Nag Hammadi, il s’agit d’« un apocryphe où ce qui correspond auxÉvangiles a toutes chances d’avoir été tiré d’eux10, et non de leur source première, tandis que ce que Thomas offre d’inédit, même si cela mérite la qualification de logia, risque d’avoir été l’objet non seulement d’approximations mais aussi de retouches. »11

Autrement dit, à supposer que ce texte contienne des éléments traditionnels non conservés par les textes canoniques (ce qui est loin d'être démontré), il serait impossible de les isoler de leur réinterprétation gnosticisante ultérieure, même s'il arrive que certains logia paraissent représenter un état plus ancien d'un passage parallèle des Évangiles ou, absents de ceux-ci, ont pu donner à certains auteurs une impression toute subjective d'authenticité : par exemple celui (n°82), déjà connu d'Origène qui s'interrogeait à son sujet12, où il est question du feu (est-ce le feu de Dt 93 ou de Lc 1249 ?) :

« Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. »

 

Est-ce à dire que nous disposons, avec ces deux volumes, de l’intégralité des textes apocryphes? De loin pas. Rassurons toutefois les passionnés, la collection devrait s’enrichir dans les prochaines années d’un troisième volume, consacré aux textes gnostiques retrouvés en 1945 à Nag Hammadi, en Egypte. Un troisième volume qui contiendra notamment l’Evangile de Philippe, cité lui aussi dans le «Da Vinci Code» parce qu’il présente Marie Madeleine comme la «compagne» de Jésus.

le témoignage d’une conscience religieuse universelle

 

 

présenté par Pierre Mestdagh

 

 

La découverte de cet évangile fut à l’origine d’un certain remous dans le monde chrétien. La question la plus perturbante qu’engendre ce témoignage concerne en effet le contenu même de l’enseignement de Jésus et son intégration dans la croyance juive.

 

 

tu es qui pour nous dire ces choses

par ce que je vous dis ne savez-vous pas qui je suis…

 

 

 

quand vous aurez reconnu vous-mêmes

alors vous serez reconnus

et vous saurez que vous êtes les enfants du père le vivant…

 

 

ce que vous guettez cela est venu

mais cela vous ne le reconnaissez pas…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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Date de dernière mise à jour : 04/02/2012

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