Des prémisses douloureuses de motivation

PREMISSES DOULOUREUSES de la MOTIVATION des MOTS

OUAILLES, PAÏENS et LAÏCS

Le mot ouailles, en ancien français oeilles, issu du bas latin ovicula, du latin ovis qui signifie brebis, est entré dans la langue française suite à la Parabole du bon et du mauvais Pasteur qui compare les Hommes à un troupeau de moutons. Au sens figuré, est mouton la personne crédule et passive qui se laisse facilement mener (Panurge) ou berner ! Les ouailles du curé sont donc bien ces animaux doux et serviles, capables d’une obéissance aveugle et d’une soumission sans bornes ! Le curé était autrefois le con-fesseur et le pro-fesseur pour remettre les pauvres ouailles dans le droit chemin !

Phonétiquement ouailles est la contraction de ouille et de aille (aïe), contraction saisissante de deux onomatopées de la douleur. L’étude étymologique du mot permet seulement de retrouver son évolution diachronique, tandis que la simple écoute phonémique permet d’entendre l’émotion douloureuse qu’il sous-tend.

Si le son aïe de païen ne nous choque plus, ce n’est pas la faute du clergé ! Combien d’hérétiques brûlés sur des bûchers, torturés par l’Inquisition, massacrés par les Croisés, ont, hélas, compris l’origine inconsciente de aïe de païen ? Le parpaillot calviniste a eu droit à sa Saint Barthélémy pour le saisir ! L’hébraïque a été accusé d’avoir crucifié Jésus, le laïc  étant simplement exclu comme acteur des cérémonies religieuses.

L’EMPREINTE PHONETIQUE de la DOULEUR

Celui qui n’a jamais ouï les haïs aïe au lit du malade, peut-il entendre la résonance de cette onomatopée de la douleur dans les mots du lexique français ? Aïe, est apparu en France en 1473 comme interjection onomatopéique de la douleur et par extension celle d’une surprise désagréable. De même, ouïe ou ouille exprime cette émoi douloureux. Le grand Dictionnaire François et Flamand de Richelet de 1708 définissait comme interjection marquant un sentiment de l’âme plein de douleur « Ahi, ach, och ».

Aïe,  que les ouailles dérouillent !

Les ouailles, anciennes proies religieuses, sont devenues, parfois, au XXème siècle, celles d’une science médicale technique, qui les dissèque, les charcute, les analyse dans moult services inhospitaliers spécialisés, où elles font encore trop souvent office de cobaye !

La vie des ouailles en général et en détail, n’est-elle pas qu’une litanie de cris étouffés sous forme radicale onomatopéique douloureuse, dont l’empreinte reste gravée dans une grande partie du lexique français ? Ces cris éteints, policés, civilisés, de la douleur sont répétés à longueur de mots … et de journées ! Ainsi la dépouille criante de nos maux entaille nos mots qui tressent « aïe ».la douleur physique et moral marque encore au fer rouge la langue française. S’il est vrai comme le pensait Montherlant, que « nos émotions sont dans nos mots comme des oiseaux empaillés » car les mots traduisent difficilement l’émotion qui utilise davantage le cri ou la mimique pour s’exprimer et se communiquer ; mais à notre insu la langue française est bougrement empaillée de restes onomatopéiques douloureux. Nombreux parmi ces aille et ces ouille sont des suffixes modificatifs, exclus de la langue châtiée, mais très répandus dans la langue dite vulgaire. Ne suffit-il pas d’écouter leur résonance dans les mots du peuple comme une litanie plaintive ?

Les ouailles ne savent pas se vêtir !

Elles sont souvent débraillées, voire dépenaillées ; vraiment rien qui leur aille.

     

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Date de dernière mise à jour : 25/01/2012

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