Définition des mots

 

      Motivation des mots ? 

 

 

                                                                                                   

La nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers

 

Charles Baudelaire (Correspondances)

 

Qu'est qu'un mot ?


 

L'unité sensée du langage

 

La plupart des langues ont un terme pour dire mot, un terme réalisant une véritable institution sociale, une règle du jeu de la communication admise jusqu'alors par tous, que le dictionnaire définit comme un son ou un groupe de sons articulés ou figurés graphiquement, formant la plus petite unité porteuse de signification à laquelle est liée, dans une langue donnée, une représentation d'un être, d'un objet, d'un concept.

Il existe une grande diversité de mots dans notre lexique français actuel. Le mot peut être précis ou vague, concret ou abstrait, rare ou courant, noble ou populaire, précieux ou argotique, il peut avoir un sens propre ou figuré, particulier ou général, fort, plein, rigoureux, strict, désuet, classique ou moderne, étymologique, spécial, unique, scientifique, savant, avoir un double sens, voire davantage. Mais que se cache-t-il vraiment derrière les sons ou les lettres d'un mot ? Traduire mot à mot en faisant correspondre à chaque mot pris isolément son équivalent dans une autre langue permet rarement d'exprimer la même idée. Ces mots qui diffèrent d'une langue à l'autre alors qu'ils désignent un objet similaire renvoient-ils à l'objet tout entier ou seulement à l'une de ses caractéristiques saillantes qui, par métonymie, permettrait de le désigner ? Un objet simple ne présente-t-il pas de multiples facettes et des usages fort différents !

Selon Jules Renard « les mots ne doivent être que le vêtement, sur mesure rigoureuse, de la pensée». Hélas le mot nu ment, il est trop vague, c'est pourquoi chaque langue l'habille d'attributs qualificatifs afin d'en préciser le sens qui varie selon le contexte de la phrase. Si le nombre d'adjectifs est si nombreux n'est-ce pas là encore un argument pour penser que le mot ''n'enveloppe'' pas tout le référent mais ne désigne que l'une de ses caractéristiques ou l'un de ses effets. La multitude d'adjectifs cités associés au vocable ''mot'' démontre l'imprécision de ce concept.

 

Un sens variable

 

1) subjectif

 

L'homme ne maîtrise pas toujours le sens et la portée des mots qui peuvent dépasser sa pensée lors d'émotions intenses telle la colère où il se laisse aller à proférer des propos excessifs. Lors d'événements ''dérangeants'' l'homme nie parfois ce qu'il ne peut pas reconnaître, oublie ce qui l'embarrasse et refoule ce qui le tourmente. Le médecin généraliste, interlocuteur privilégié de l'humain en souffrance, n'est pas dupe des explications avancées par le malade et présume que les mots déclarés dissimulent souvent une autre vérité. Le sens et l'impact psychologique des mots varient d'un sujet à l'autre, car chacun acquiert des êtres et des choses une expérience unique subjective selon sa situation particulière dans l'espace temps. Ainsi chacun reçoit les mots des autres avec une coloration affective qui varie au gré des relations interpersonnelles et de la connotation sentimentale de l'émetteur (ton, mimique...). L'échange se réalise en outre dans un brouillard sémantique créé par les différences de niveau socio-culturel du milieu de l'émetteur et du récepteur. Paul Léautaud souligne combien « il est curieux comme le même mot peut avoir des sens totalement opposés ». Ces différences de perception sémantique génèrent des incompréhensions, quiproquos, malentendus, méprises, erreurs, équivoques. Jacques Salomé sans son livre ''Parle moi, j'ai des choses à te dire'' fait la démonstration éclatante de l'incommunicabilité dans le couple. Certains excessifs, tels Leiris, vont jusqu'à affirmer qu'une « monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles ».

2) mensonger

Qui aurait pu penser que je parlais pour me taire. Les mots que je disais servaient à cacher ceux qu'il ne fallait pas dire. 

                                                           Boris  Cyrulnik, Sauve toi la vie t'appelle

 

Louis Ferdinand Céline nous prévient : « on ne se méfie jamais assez des mots ». Cette variabilité subjective du sens des mots, source d'incompréhension, se complique davantage par le mensonge. L'homme et bien sur la femme (sourire!) possèdent cette capacité à mentir, à travestir la réalité par un langage contraire ou faux dans le but de tromper l'interlocuteur. Cet usage mensonger des mots s'est sans doute développé dans l'évolution en raison des avantages tactiques qu'il offrait dans diverses compétitions humaines, par exemple pour éviter la punition ou dévaloriser le concurrent. La sanction éducative, familiale, scolaire, légale ou religieuse a pour but de conformer l'individu à la norme du groupe, le plus souvent en niant ses différences. L'hypocrisie, cet art social de ne pas dire ce qu'on pense est le résultat de ce conditionnement. « Nous sommes tous des hypocrites », écrit Philippe Bouvard. « Nous participons tous, peu ou prou, à ce mensonge social, règle du jeu implicite et pernicieuse, qui sert à lubrifier les relations humaines. Cette hypocrisie est devenue un milieu de culture bien huilé où prolifèrent l'équivoque et l'imposture ». Dans cet univers poisseux du mensonge, le parler vrai est suspect « et loin de la vérité les mots mentent tous seuls » proclame Crommelynck. « Les mots ! les mots ! On a brûlé au nom de la charité, on a guillotiné au nom de la fraternité ! Sur le théâtre des choses humaines, l'affiche est presque toujours le contraire de la pièce » ironisent les Frères Goncourt. L'énonciation de «franchement, sincèrement » qui s'imbrique spontanément dans le discours, joue souvent le rôle de leurre car elle est loin d'exclure le mensonge. De même « sûrement» et « certainement » sont avancés en l'absence de certitude. Comme l'affirme Jean Rostand, « un mensonge peut être moins mensonger qu'une vérité bien choisie. »

​Même sans volonté de mentir les mots possèdent de multiples sens qui parfois sont contraires tel hôte qui désigne aussi bien l'invité que l'inviteur, caractérisant l'énantiosémie, plus fréquente qu'on ne le pense, favorisant ainsi une ambiguïté du sens. « Supporter » signifie « tolérer quelque chose ou quelqu'un de désagréable » mais aussi « encourager, soutenir moralement ». La synonymie ne plaide pas non plus pour l'arbitraire des mots, car si ces derniers étaient choisis par convention pourquoi aurait-on besoin de 50 synonymes pour désigner le même référent ? En fait la synonymie parfaite est rarissime. Un synonyme évoque un concept aux différences subtiles. N'est-ce pas parce que chacun évoque des caractéristiques différentes du référent ?

3) évolutif

 

Cette variabilité de sens des mots est favorisée par leur évolution au fil des générations. La langue n'est pas un langage mort, statique, elle évolue constamment travaillée par les milliers, les millions de personnes d'une même communauté. « Car le mot, qu'on le sache est un être vivant » clamait Victor Hugo. La démographie lexicale dépend des influences et si le français est une langue romane issue du latin, langue figée morte qui a même disparu de nos églises catholiques, elle a importé de nombreux mots de pays voisins ou colonisés et elle subit, depuis un demi siècle, une invasion croissante de mots anglais en raison de la domination américaine internationale. Le latin déjà s'était enrichi d'emprunts au grec, source secondaire de lexicogenèse du français pour certains domaines savants telle la médecine. Les mots et les expressions populaires ont une durée de vie limitée, ils sont frappés de désuétude avec un sens vieilli que la plupart d'entre nous oublie, puis meurent par obsolescence. Ainsi la sémantique officielle de chaque mot n'est figée que dans les dictionnaires, sortes de musées du mot à une époque donnée. Les mots peuvent s'effacer, annonce Alain Rey dans Le Voyage des mots « mais non pas mourir. Ils appartiennent à l'espèce immense des SIGNES, ces réalités physiques qui donnent aux humains accès au réel et à l'imaginaire, au concret et à l'abstrait, à la matière et à l'Esprit».

Mais l'étymologie (etumologia en grec, l'étude du vrai) n'est pas un repère sémantique fiable, car même des mots à l'orthographe latine ne sont pas les correspondants exacts de leurs ancêtres : le mot lavabo, cuvette sanitaire alimentée en eau, dérive du futur du verbe laver lavare (je me laverai). ''En catimini'' qui signifie en cachette est issu de ''chute mensuelle'' qui désignait les règles et qui en médecine a suscité l'adjectif cataménial, relatif aux menstrues. Le mot rébus, ablatif pluriel latin de res (chose) qui signifie ''au sujet des choses'', est devenu en français actuel une devinette graphique mêlant lettres, chiffres, dessins, dont la solution est une phrase, plus rarement un mot, produit par la dénomination, directe ou homonymique, de ces éléments. La chose latine res qui devient rem à l'accusatif est à l'origine du mot français ''rien'', un pronom indéfini qui a subi une inversion diachronique de sens même si ''un petit rien'' ou ''trois fois rien'' est encore un petit quelque chose. On comprend, comme en jouait Raymond Devos, que ''moins que rien'' n'est pas grand chose ! L'étymologie de ''mot'' confirme les ambivalences étymologiques : mot dérive du latin muttum, formé sur l'onomatopée mu, un mot latin qui employé négativement signifie « ne pas (émettre) un son » et se rattache à mutus, « bruit de voix qui n'a pas de signification ». Littéralement le mot est … muet ! C'est au XIIIe siècle que mot prend son envol pour devenir un élément signifiant et désignatif du langage. On retrouve le sens étymologique dans les expressions ''ne dire mot'' ou ''ne pas piper mot''. Le nom du jeu télévisé Motus s'inspire de ce double sens : le but du jeu est de trouver des mots mais on doit se taire si on tire une boule noire : motus et bouche cousue.

L'étymologie ne permet pas toujours de retrouver les ascendants évolutifs d'un mot car il existe des centaines de mots à l'étymologie incertaine voire fantaisiste. Le changement de son, l'évolution diachronique, répond-elle seulement à une explication phonologique ? L'oculus latin évoque t-il les mêmes caractéristiques du référent que le français désigne par œil, son descendant étymologique ?

Le mot, signe verbal arbitraire des linguistes

  

En linguistique le mot est constitué d'un ensemble d'unités sonores qu'on appelle des phonémes dont l'ensemble porte le sens. Ce phonème, plus petit segment phonique du langage articulé, est réputé être dépourvu de sens. Si l'on passe de papa à pépé, le /é/ ne semble pas lié à la notion de vieillesse (un éphèbe juvénile) et si l'on remplace é par i, pour faire pipi, ce dernier phonème n'est pas spécifique de la sphère urinaire (idée, rififi, illico, ouistiti, inouï), même s'il arrive que papi inonde son lit s'il est incontinent !

Certains ont tenté d'attribuer une motivation aux sons dès ce stade de phonèmes en attachant par exemple la notion de petitesse à la voyelle i (petit, riquiqui, liliputien, infime), mais il suffit de quelques contre-exemples tels giga (gigantesque), big, immensité, infini, illimité pour le démentir. Encore qu'une pluralité de sens ne soit pas inconcevable puisqu'elle existe pour les mots, mais cette polysémie possible n'est pas envisagée pour les phonèmes, classés définitivement comme insensés par les linguistes alors que nous avons montré que la notion de petitesse est évoquée par la consonne p à l'initiale de nos mots ou celle de surface/enveloppe/savoir par la consonne s.

Le mot est communément considéré comme la plus petite unité des langues. Il peut se segmenter en linguistique en morphème réalisant le plus petit élément significatif malgré son absence d'autonomie. Ainsi le mot ''marcheurs'' est composé de trois morphèmes: «march» (marche), «eur» (celui qui pratique) et «s» (marquant le pluriel).

Plus petite unité d'expression du langage depuis des millénaires, le mot est appelé scientifiquement signe verbal, un signe que Ferdinand de Saussure, dont le Cours a fondé la linguistique, définit comme l'union non pas d'une chose et d'un nom, mais d'une image acoustique (ou graphique pour la lecture) et d'un concept. Pour lui la langue est un objet abstrait où seules comptent les relations entre les termes. Le principe d'immanence « fonde la linguistique comme science de la langue et science des langues ». La langue est un système et la pensée systémique n'a que faire de la réalité qui relèverait d'un réalisme naïf. Dans son compte rendu des Fondements de la théorie linguistique, A. Martinet ose affirmer : « L'existence d'objets comme autre chose que des termes de relations est une hypothèse métaphysique dont la pensée scientifique a intérêt à se défaire... ». Pourquoi cette science du langage refuse de s'ouvrir à la réalité donnée d'un côté aux choses et de l'autre à l'esprit ? La forme est pourtant l'intégration des informations visuelles sur l'aspect de l'objet référent. Elle est le résultat d'une représentation perceptive. Le mouvement structuraliste estime que le principe d'immanence fait la grandeur de la linguistique et justifie son appartenance aux sciences humaines, car « les objets privilégiés de la démonstration sont justement les objets qui jusqu'alors constituaient la différence de l'homme à la nature ». La théorie du langage pour eux doit « viser à édifier une connaissance immanente de la langue en tant que structure spécifique qui ne se fonde que sur elle-même». Les systèmes de signes seraient des systèmes de transformation abstraite et l'objet linguistique devrait être étudié «en lui-même et pour lui-même». Tout médecin jugera cet intellectualisme comme une double imposture vis à vis de l'humain. Cette conception fait fi du principe de réalité biologique. Le langage sert à parler du monde, il re-produit la réalité. Il faut être coupé du monde et nier la physiologie des organes des sens et du cerveau humain pour refuser l'évidence de l'ancrage du langage dans la réalité biologique. La seconde erreur est d'ordre matérialiste et concerne toutes les sciences qui éliminent d'emblée le principe de transcendance qu'elles rejettent hors de leur champ d'investigation. Cela peut se concevoir pour les sciences de la matière (physique, chimie, etc), mais est fort discutable pour les sciences qualifiées humaines comme la linguistique. La métaphysique est une partie fondamentale de la réflexion philosophique qui porte sur la recherche des causes, des premiers principes. Le débat sur l'origine du langage concerne spécifiquement l'humain. Ne pas aborder cet aspect, même si cette investigation s'avère ardue, c'est nier une part essentielle de la pensée humaine qui n'échappe pourtant pas au langage.

En linguistique le mot est constitué d'un ensemble d'unités sonores qu'on appelle des phonémes dont l'ensemble porte le sens. Ce phonème, plus petit segment phonique du langage articulé, est réputé être dépourvu de sens. Si l'on passe de papa à pépé, le /é/ ne semble pas lié à la notion de vieillesse (un éphèbe juvénile) et si l'on remplace é par i, pour faire pipi, ce dernier phonème n'est pas spécifique de la sphère urinaire (idée, rififi, illico, ouistiti, inouï), même s'il arrive que papi inonde son lit s'il est incontinent !

Certains ont tenté d'attribuer une motivation aux sons dès ce stade de phonèmes en attachant par exemple la notion de petitesse à la voyelle i (petit, riquiqui, liliputien, infime), mais il suffit de quelques contre-exemples tels giga (gigantesque), big, immensité, infini, illimité pour le démentir. Encore qu'une pluralité de sens ne soit pas inconcevable puisqu'elle existe pour les mots, mais cette polysémie possible n'est pas envisagée pour les phonèmes, classés définitivement comme insensés par les linguistes alors que nous avons montré que la notion de petitesse est évoquée par la consonne p à l'initiale de nos mots ou celle de surface/enveloppe/savoir par la consonne s.

Le mot est communément considéré comme la plus petite unité des langues. Il peut se segmenter en linguistique en morphème réalisant le plus petit élément significatif malgré son absence d'autonomie. Ainsi le mot ''marcheurs'' est composé de trois morphèmes: «march» (marche), «eur» (celui qui pratique) et «s» (marquant le pluriel).

Plus petite unité d'expression du langage depuis des millénaires, le mot est appelé scientifiquement signe verbal, un signe que Ferdinand de Saussure, dont le Cours a fondé la linguistique, définit comme l'union non pas d'une chose et d'un nom, mais d'une image acoustique (ou graphique pour la lecture) et d'un concept. Pour lui la langue est un objet abstrait où seules comptent les relations entre les termes. Le principe d'immanence « fonde la linguistique comme science de la langue et science des langues ». La langue est un système et la pensée systémique n'a que faire de la réalité qui relèverait d'un réalisme naïf. Dans son compte rendu des Fondements de la théorie linguistique, A. Martinet ose affirmer : « L'existence d'objets comme autre chose que des termes de relations est une hypothèse métaphysique dont la pensée scientifique a intérêt à se défaire... ». Pourquoi cette science du langage refuse de s'ouvrir à la réalité donnée d'un côté aux choses et de l'autre à l'esprit ? La forme est pourtant l'intégration des informations visuelles sur l'aspect de l'objet référent. Elle est le résultat d'une représentation perceptive. Le mouvement structuraliste estime que le principe d'immanence fait la grandeur de la linguistique et justifie son appartenance aux sciences humaines, car « les objets privilégiés de la démonstration sont justement les objets qui jusqu'alors constituaient la différence de l'homme à la nature ». La théorie du langage pour eux doit « viser à édifier une connaissance immanente de la langue en tant que structure spécifique qui ne se fonde que sur elle-même». Les systèmes de signes seraient des systèmes de transformation abstraite et l'objet linguistique devrait être étudié «en lui-même et pour lui-même». Tout médecin jugera cet intellectualisme comme une double imposture vis à vis de l'humain. Cette conception fait fi du principe de réalité biologique. Le langage sert à parler du monde, il re-produit la réalité. Il faut être coupé du monde et nier la physiologie des organes des sens et du cerveau humain pour refuser l'évidence de l'ancrage du langage dans la réalité biologique. La seconde erreur est d'ordre matérialiste et concerne toutes les sciences qui éliminent d'emblée le principe de transcendance qu'elles rejettent hors de leur champ d'investigation. Cela peut se concevoir pour les sciences de la matière (physique, chimie, etc), mais est fort discutable pour les sciences qualifiées humaines comme la linguistique. La métaphysique est une partie fondamentale de la réflexion philosophique qui porte sur la recherche des causes, des premiers principes. Le débat sur l'origine du langage concerne spécifiquement l'humain. Ne pas aborder cet aspect, même si cette investigation s'avère ardue, c'est nier une part essentielle de la pensée humaine qui n'échappe pourtant pas au langage.

Saussure s'est parfois montré humble lors de son analyse du langage. Il était conscient, comme le rappelle Benvéniste, de « la difficulté qu'il y a en général à écrire dix lignes ayant le sens commun en matière de faits de langage ». Le jargon actuel des linguistes confirme son avis. Cela n'empêche pas le professeur genevois de sanskrit de jugement à l'emporte pièces. Il s'interroge sans sourciller : « Il faudrait chercher sur quoi se fonde la division en mots, car le mot, malgré la difficulté à le définir, est une unité qui s'impose à l'esprit, quelque chose de central dans le mécanisme de la langue ». Cette affirmation péremptoire relève du dogme et nécessiterait un esprit plus scientifique ! Selon son ''Cours de linguistique générale'', le mot est un signe verbal, une réalité psychique à deux faces : l'une étant le concept (signifié) et l'autre l'image acoustique (signifiant), tous les deux coupés du référent. Saussure prend l'exemple d'une feuille de papier pour expliquer la dualité du signe : la pensée est le recto et le son est le verso, on ne pourrait pas découper le recto sans découper en même temps le verso ; de même dans la langue on ne saurait isoler le signifiant du signifié qui sont inséparables.

Le mot ou signe verbal se définirait par le rapport signifiant/signifié, duquel serait exclu l'objet, appelé référent. Le signifiant, image acoustique ou image visuelle de caractères lus, renverrait à un signifié, le concept (le sens du mot), et n'aurait pour la linguistique ''officielle'' aucun lien motivé ou naturel avec les caractéristiques du référent. Ainsi le mot français arbre est un signe linguistique associant la forme sonore /arbr/ au concept d'arbre avec des phonèmes qui n'auraient aucun lien avec le référent, l'arbre réel. Le signifiant ne serait qu'un médiateur du signifié, que son plan d'expression et la signification serait l'acte qui unit signifiant et signifié dont le produit est le signe.

Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle que la Linguistique nie l’existence d’analogie entre forme et contenu du signe; la théorie de Saussure, mise en avant grâce à l'aura d'un livre posthume édité par ses élèves, le Cours, s’est élevée au rang de dogme, imposant l’arbitraire du signe qui transforme le mot conscient en un couple signifié/signifiant immotivé, coupé du référent.

Saussure définit le mot comme l’unité indéfectible de deux éléments psychiques : en bas le signifiant (image acoustique), tel [aRbR(e)] et en haut le signifié (l’idée), tel le concept d’arbre. Il n’attribue de signification au mot qu’en termes de valeur discriminatoire par rapport aux autres signes de la langue (arbre/plante, animal/végétal). Les schémas précédents, où l’ovale peut représenter le cerveau humain, nous dévoilent deux mondes ; mais le monde manifesté d’en bas du signifiant, dont toutes les nuances prosodiques sont perçues par notre hémisphère droit, est-il vraiment en-dessous du monde d’en haut du signifié de notre hémisphère gauche ? Pour Saussure tout se passe dans la tête dans les aires du langage et le signe linguistique est désincarné, coupé de toute réalité, tant celle de sa production par l'appareil phonatoire que celle des stimuli perceptifs et émotionnels qu'émet le référent qu'il désigne. Saussure fait l'impasse sur l'objet. Sa théorie du signe anti-objectiviste fonde une linguistique antiréaliste et antiscientifique qui ne peut qu​​​'entraîner le scepticisme du physiologiste. L'arbitraire généralisé d'un langage coupé du référent crée un système factice instable. Le biologiste est en droit de s'interroger sur la notion de ''réalité psychique'' puisque le psychisme est un ensemble conscient et inconscient de processus relevant de l'esprit et de l'affectivité, bien éloigné de la réalité concrète qui par contre appartient, elle, au domaine du référent.

Admis comme plus petite unité de sens (sémantique) du langage depuis toujours, le mot, qualifié de signe linguistique par  Ferdinand de Saussure, n'unit  pas, pour lui, un nom et une chose, une chaîne de sons à un objet référent. Il unirait de façon totalement arbitraire un concept, le signifié, et une image acoustique (ou sensible), le signifiant, qui n'est pas le son matériel, mais l'empreinte psychique de ce son. Le signe linguistique saussurien se définit ainsi comme une entité psychique à deux faces : signifiant/signifié . Ainsi le mot français arbre associe la forme sonore /arbr/ (signifiant) au concept d'arbre (signifié). La linguistique officielle enseignée dans nos Facultés reste toujours essentiellement saussurienne en 2017. Elle ne traite que du langage centralisé dans les aires corticales du langage de l'hémisphère gauche comme si ces dernières n'avaient aucune liaison ni avec les aires sensorielles associatives, ni avec le cerveau affectif (système limbique), ni avec l'hémisphère droit. Il est étonnant de constater qu'une telle hérésie biologique se soit maintenue plus d'un siècle, une pseudoscience humaine qui laisse croire que les mots naissent par génération spontanée sous la férule arbitraire d'une convention interhumaine. 

 

La théorie saussurienne du signe linguistique

 

 saussure.jpg Ferdinand de Saussure attribue quatre caractéristiques principales au signe linguistique:

 

1.Son arbitraire : le lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire (sans aucune motivation), car un même concept peut être associé à des images acoustiques différentes selon les langues.

2.Le caractère linéaire du signifiant : «le signifiant de nature auditive se déroule dans le temps». Les éléments des signifiants se présentent donc obligatoirement les uns après les autres, selon une succession linéaire : ils forment une chaîne.

3.Son immutabilité synchronique : le signifiant associé à un concept donné s'impose à la communauté linguistique : un locuteur ne peut décider de le modifier arbitrairement.

4.Sa mutabilité diachronique : les signes linguistiques peuvent cependant être modifiés par le temps, par l'évolution linguistique  avec modification du signifiant, du signifié ou de leur rapport.

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Le signe serait arbitraire. "C’est la science moderne qui l’affirme, non pas en tant que science, d’ailleurs (il lui faudrait alors démontrer cette affirmation autrement que par quelques paraboles douteuses), mais plutôt en tant qu’Église et que discours dominant. Certes, une fois posé que le signe est arbitraire, on peut se demander comment il se fait que les linguistes trouvent encore quelque chose à en dire, quelle cohérence ils peuvent encore y chercher. C’est sans doute que le Dogme est aussi un mystère",  écrit avec lucidité un Professeur de Linguistique de la Sorbonne, Michel Launay, en 1990.

La définition saussurienne concerne un langage conscient, dans la formation duquel l'inconscient ne jouerait aucin rôle. En effet le raisonnement purement linguistique s’articule sur la séparation entre ce que la conscience voit : le référent extralinguistique et les signes linguistiques intrapsychiques avec lesquels elle joue pour former un langage, coupé de toute réalité physique du référent. Le linguiste (comme maints scientifiques spécialisés)  scie et sépare le domaine qu’il étudie des autres sciences), puis se cantonne à l’étude de la production du langage conscient par les aires cérébrales gauches du langage, se coupant de soutien biologique ou physiologique en amont. Cette science linguistique littéraire et théorique (hormis le domaine de la phonétique), ne prend pas en compte les capacités informatives de l’œil, ni celles des aires cérébrales visuelles qui perçoivent et analysent lignes et couleurs de l’objet, ni les informations des autres organes sensoriels. En outre elle évacue le cerveau affectif indispensable à toute mémorisation et expulse tout paramètre inconscient en marginalisant certaines utilisations du langage considérées comme déviantes, telles que la poésie, les jeux de mots, les lapsus et les «fautes», les mots enfantins, les diminutifs, le contenu des rêves, les onomatopées et les mots d'origine onomatopéiques ! Par son exclusion du référent, pourtant bien réel, la linguistique actuelle est la science d'un langage virtuel, déshumanisé et désincarné, excluant toute motivation aux sons ou aux lettres des mots, seules unités de sens de nos langues.

vision.jpgPourtant l'emploi de voir dans les expressions populaires: "Ecoute-voir" ou "dis-voir" laisse bien entendre et comprendre que pour le langage et l'idéation  ces deux sens principaux sont unis dans une étroite association. De même les mots conscients construits à partir de voir : prévoir, entrevoir, percevoir, concevoir et même savoir nous suggèrent que la vision est indispensable à la pensée; aussi l'élaboration du langage ne saurait y échapper ! La vue constitue le sens dominant dans l'appréhension de l'espace. Elle est dotée de propriétés uniques qui lui permettent de traiter avec une précision fiable, dans un délai très bref, une grande quantité d'informations, dont certaines très éloignées dans l'espace, comme le positionnement des étoiles dans le ciel (à des millions d'années-lumière) grâce auquel les premiers navigateurs pouvaient s'orienter. La survie de l'homme et des animaux ne fut possible que grâce à leurs facultés d'échapper aux dangers ou de s'en protéger. Or, certaines couches de neurones du corps géniculé latéral cérébral gèrent les informations visuelles, certains neurones traitant les couleurs, la majorité traite les lignes géométriques, d'autres sont sensibles aux mouvements rapides,  réagissant dès 50 millisecondes, performances qui permettent une adaptation ultra-rapide aux modifications  menaçantes du milieu environnant.

platon.jpg

Au IVe, siècle avant J.C. dans le Cratyle, Platon expose les deux thèses opposées sur la nature des mots : pour Hermogène, partisan de l’arbitraire du signe, il n'y a entre ce qui sera plus tard nommé signifiant et signifié qu'un lien abstrait et extrinsèque, établi par convention, tandis que pour Cratyle, partisan de la motivation que défendait Socrate, les mots sont une peinture des choses, ils ressemblent à ce qu'ils signifient, ce sont des symboles.

Depuis Platon, l'opposition motivation/arbitraire n'a pas cessé et les partisans de la motivation furent largement majoritaires jusquà l'arrivée de Saussure. Il faut citer le bisontin Charles Nodier qui en 1808 faisait paraître un excellent "Dictionnaire des onomatopées françaises" dans lequel il argumentait pour une origine onomatopéique de tout le lexique français et des langues en général.

La remise en cause de l'arbitraire du signe

   ( Avec des extraits du livre "Entendre les mots qui disent les maux" aux Editions du Dauphin 2000 et 2006)

 

Il faut souligner que" Le Cours de linguistique générale" de Saussure a été rédigé, après sa mort, par deux de ses élèves qui ont parfois accentué, voire caricaturé la position de leur maître en particulier sur ce dogme de l'arbitraire du signe. Saussure était en effet moins catégorique:"Tout ce qui a trait à la langue en tant que système demande, c’est notre conviction, à être abordé de ce point de vue qui ne retient guère les linguistes : la limitation de l'arbitraire. C’est la meilleure base possible" En 1922, Otto Jespersen le remet en question en lui opposant le symbolisme phonétique, particulièrement reconnaissable dans la langue anglaise, reprenant en la restreignant fortement la position de  Wihelm von Humbolt un siècle plus tôt. Sans doute que le mystère de ce livre posthume, surgi d'outre-tombe avec l'aura d'un testament, a participé à la transformation de la théorie d'un homme, qui a eu l'humilité de ne rien publier, en dogme scientifique ? 

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Un demi-siècle après Saussure, le linguiste Emile Benvéniste introduit la notion de référence. En plus de sa valeur différentielle, le mot (signe verbal) possède un sens, qui réside dans le rapport à un objet du monde ; mais Benveniste ne fait que déplacer l’arbitraire du signe non plus dans la relation signifiant/signifié, mais dans la relation signe/référent. Si en français le signifié arbre est inséparable du signifiant [arbr], la relation du mot arbre à l’objet réel est arbitraire et conventionnelle comme en témoigneraient les mots tree en anglais et Baum en allemand, qui n’ont aucun son commun, alors qu'ils renvoient au même objet arbre. Autant dire que c'est toujours le règne de l’arbitraire du mot conscient. Benveniste s'interroge pourtant : "Poser la relation comme arbitraire" est pour le linguiste "une manière de se défendre contre cette question et aussi contre la solution que le sujet parlant y apporte instinctivement. " "Pour le sujet parlant, il y a entre la langue et la réalité adéquation complète" . Cette notion de défense, à l'insu de Benvéniste, renvoie à la terminologie feudienne et correspond comme il le sera démontr au triple refoulement que subit tout enfant lors de l'apprentissage ''orienté'' de sa  langue maternelle.

L'arbitraire du signe est aussi discuté par le linguiste Pierre Guiraud qui met en évidence l'existence de la motivation des mots onomatopéiques de type acoustique où existe une analogie entre sons signifiés et sons signifiants comme glouglou, flic flac, claquer, boum… qui peut s'étendre par métaphore aux couleurs ou idées assimilées à des bruits. Pour lui, «un signe est un stimulus — c'est-à-dire une substance sensible — dont l'image mentale est associée dans notre esprit à celle d'un autre stimulus qu'il a pour fonction d'évoquer en vue d'une communication.» Il définit « le signe comme la marque d'une intention de communiquer un sens. »; Nombreux sont les linguistes qui, depuis, se sont élevés contre l'arbitraire du signe et en premier Maurice Toussaint dans son pamphlet "Contre l'arbitraire du signe" et les recherches linguistiques récentes après 2000 s'orientent vers une remise en cause pour l'instant partielle de cet arbitraire saussurien déconnecté de la réalité biologique.

Une motivation inconsciente ?


On reproche à Saussure de ne pas reconnaître les faits symboliques dans la langue, prise comme ensemble de signes arbitraires.Il refuse de déceler de la motivation dans les mots même dans ceux des langages inventés. Au contraire, pour l'un de ses contemporains, Victor Henry, « le langage est le produit de l’activité inconsciente d’un sujet conscient ». Par exemple au sujet de la glossolalie sanscritoïde ou « martienne » d'Hélène Smith qui intriguait les milieux linguistiques genevois à la fin de XIXe siècle, il prospectera et découvrira dans cette glossolalie «un travestissement enfantin du français» grâce à des analogies auditives, qui résultent de procédés inconscients et subconscients du langage.

Augustin d'Hippone (Saint Augustin) est un des pionniers dans l'expression d'une motivation inconsciente du signe verbal qu'il expose au IVesiècle dans sa théorie du signe. Il affirme que « c'est par les signes que l'on apprend les choses » Il évoque également le retard du langage sur la pensée et l'explique ainsi :

st-augustin.gif« La raison en est surtout que cette conception intuitive inonde mon âme à la façon d'un éclair rapide, tandis que mon discours est lent, long et fort différent d'elle. De plus, pendant qu'il se déroule, cette conception s'est cachée dans sa retraite. Elle laisse pourtant dans la mémoire, d'une manière merveilleuse, un certain nombre d'empreintes, qui subsistent au cours de la brève expression des syllabes et qui nous servent à façonner les signes phonétiques appelés langage. Ce langage est latin, grec ou hébraïque… Que les signes soient pensés par l'esprit ou qu'ils soient exprimés par la voix, les empreintes ne sont ni latines, ni grecques, ni hébraïques, ni n'appartiennent en propre à aucune nation". Augustin envisage un état du sens fait d'empreintes qui « n'appartiennent à aucune langue », ne sont pas conscientes et semblent universelles.

 

Le point de vue des psychanalystes

freud.jpgLe psychanalyste Sigmund Freud affirme au début du XXe siècle qu'en psychanalyse «c'est par la langue que l’essentiel se révèle. Comprendre, c’est zurückführen, littéralement conduire en arrière, ramener la langue vers son fondement, cette Grundsprache, langue des profondeurs, ou Seelesprache, langue de l'âme». Dans La Science des rêves, Freud annonce que le rêve est un rébus et qu'il faut l’entendre au pied de la lettre, un rébus formé des lettres comme signifiants graphiques et des sons comme signifiants phoniques ajoute Lacan. Cette structure à base de lettres ou de phonèmes, qui articule le signifiant dans le discours, est un élément dynamique du rêve, telle la figure de "l'homme à tête de virgule".

 L’Inconscient collectif, théorisé par Karl Gustav Jung, guide les groupes sociaux et l’humanité comme l’inconscient individuel guide chaque personne. Freud a montré que l’Inconscient individuel se manifeste dans les discours, notamment dans les rêves et les lapsus qu’il considère comme l’émergence de désirs inconscients. De même pour Jung l’Inconscient collectif se manifeste dans la langue.

Pour Jacques Lacan, par qui la notion de signifiant est passé de la linguistique à la psychanalyse dans les années 1960, « les images du rêve ne sont à retenir que pour leur valeur de signifiant », pour ce qu’elles permettent d’épeler du proverbe (préverbe) proposé par le rébus du rêve. Pour lui, le signifiant prime sur le signifié

lacan2.gifLe franchissement de la barre entre signifié et signifiant se ferait pour Lacan par le jeu des signifiants entre eux, chez chaque individu, avec un glissement incessant du signifié sous le signifiant qui s’effectue en psychanalyse par les formules de la métonymie et de la métaphore, qu’il nomme « lois du langage » de l'inconscient…. Lacan affirme que "l'inconscient ne connaît que les éléments du signifiant", qu'il est "une chaîne de signifiants qui se répète et insiste", qui opère "sans tenir compte du signifié ou des limites acoustiques des syllabes"; Lacan écrit que "l'inconscient est un langage", constitué des éléments du signifiant, préexistant au signifié". Il poursuit en avançant que "l'inconscient est pure affaire de lettre, et comme tel, à lire"… Lacan précise que « tout découpage du matériau signifiant en unités, qu'elles soient d'ordre phonique, graphique, gestuel ou tactile, est d'ordre littéral. » Mais « si toute séquence signifiante est une séquence de lettres, en revanche, pas toute séquence de lettres est une séquence signifiante"." La fonction des signifiants est d'induire dans le signifié la signification, en lui imposant leur structure". Tout est presque dit ! Cette motivation cachée ou ignorée de séquences signifiantes est l'objet de recherche des jeunes linguistes depuis 5 ans en particulier  l'étude ce qu'ils nomment "submorphèmes"  à l'initiale des mots en particulier en anglais (cf travaux de Jean-Marc Chadelat, Didier Bottineau, Lise Argoud, Dennis Philips, Ingrid Frandrych, Georges Bohas) dont ils mettent en évidence l'invariance notionnelle. Toutes ces recherches nouvelles s'orientent vers une sémantique inconsciente de ces unités submorphémiques, déjà recensées et "psychanalysées" depuis 1995 dans "Maux à mots" du docteur Christian Dufour, une centaines d'unités sémantiques bivalentes. 

LACAN, qui décrit parfaitement toutes les caractéristiques de la Langue de l'inconscient, n'en aura pas curieusement découvert le Code, le système précis et complet de séquences signifiantes que ce Site se charge de révéler. Il n'aura pas compris que le glissement des signifiés sous la pseudo-barre du signifiant est secondaire à l'existence de ce Code caché, car Lacan est demeuré prisonnier de son savoir linguistique élaboré alors qu'il avait parfaitement saisi  que certaines séquences littérales du signifiant  qui se répétaient formaient le discours de l'inconscient.  Il ne manquait pas grand chose pour qu'il parvienne à découvrir le code littéral de ces séquences signifiantes. Ce décodage inconscient représente un long travail de décryptage, commencé en 1995  dans le livre "Maux à mots" puis  repris dans  "Entendre les mots qui disent les maux" aux Editions du Dauphin (2000, puis 2006), préfacé par Jacques Salomé. Il n'est dévoilé que progressivement pour amener le lecteur à entendre les mots autrement (autre ment!), à privilégier l'écoute de la résonance des mots, à être attentif au son avant le sens pour découvrir un Code de l'Inconscient qui nous crevait les yeux et les tympans, mais formatés comme nous le sommes tous, programmés par un apprentissage de notre langue maternelle par syllabes ouvertes nous sommes devenus aveugles et sourds à certaines séquences du signifiant que nous avons refoulées hors de notre conscience. C'est l'apprentissage de notre langue maternelle par ce" b a ba" des syllabes ouvertes qui a induit notre conscience à faire "dodo", à n'entendre dans ce mot dit enfantin que la répétition de la syllabe ouverte do ! La science biologique est têtue et l'écoulement linéaire de la chaîne sonore du signifiant ne correspond pas seulement à ce qu'on nous a conditionné à entendre et à lire. En nous dissimulant la liaison "od", une syllabe dite fermée de la chaîne sonore de "dodo", notre conscience s'est fermée à l'une de ces unités inconscientes, qui possèdent en français et dans les langues européennes deux sens uniques: onde et/ou masse. Le sommeil humain se caractérise selon ses phases par des ondes électriques spécifiques enregistrables par ECG et en français, lorsque quelqu'un s'endort subitement, la langue populaire, qui dit toujours la vérité, emploie l'expression : il est tombé comme une masse. Quel Professeur vous a indiqué que l'onde était inscirite par "od" dans ode, prosodie, mélodie ou rhapsodie et que la notion de "masse", "massif"  était  la séquence signifiante "od" que l'on rencontre dans mastodonte ou diplodocus ou ignanodon, voire dans le colosse de Rhodes !  Même la physique moderne relie la masse à l'onde avec la théorie des cordes (26) dont la découverte du boson de Higgs en 2012 est un début d'expérimentation de sa réalité physique.

La conscience de l'homme, babélisée par la construction du gratte-ciel de son lexique linguistique par briques de syllanbes ouvertes, l'a profondément, en osant l'écrire avec humour introductif, dans le baba ! (un "ab" d'une profondeur abyssale!).

 

Le Saint Bol

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Le langage étant une acquisition essentielle de l'espèce humaine, en comprendre sa nature et sa structure biologique conduit forcément vers  un questionnement métaphysique et ne peut échapper à un certain ésotérisme.  Il s'agit de découvrir l'enchantement d'une vraie Langue des Oiseaux et non les jeux de mots et les à-peu-près linguistiques plus ou moins farfelus qu'on lui prête, qui ne sont que des témoins sémiotiques indirects; cette Langue est en fait celle de l'inconscient collectif de chaque Peuple, une Langue Secrète, peut-être Sacrée, dont les mots-clefs sont étrangement occultés. Une sorte de Quête du Graal des Langues !  Au tout était cri préhistorique a succédé un tout est écrit, qui s'est propagé avec Gutenberg et se mondialise avec Google. "Mektoub" disent les Musulmans, qui signifie à la fois le Destin ou "c'est écrit."  L'Inconscient désigne sa Langue par la Lettre G majuscule, symbole  franc-maçonnique, qui initie le nom God ou Guide ou Guérisseur, voirede Gandhi laissant augurer de son importance pour l'Humanité.christian-dufour-entendre-les-mots-qui-disent-les-maux-decouverte-du-code-sacre-de-l-inconscient-o-2716312486-0-1.jpg

 

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Date de dernière mise à jour : 07/05/2017

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